L’initiative de ce canton suisse visant à limiter les primes d’assurance maladie à 10% du revenu des assurés a récemment franchi une étape importante avec la collecte de 4902 signatures validées. Si la chancellerie cantonale valide au moins 4000 signatures, une votation populaire aura lieu en 2026 ou 2027, offrant ainsi aux citoyens l’opportunité de se prononcer sur cette mesure.
Cette initiative fait écho à une problématique de plus en plus préoccupante pour la population : l’augmentation continue des primes d’assurance maladie, qui grèvent lourdement les budgets des ménages. Ce plafonnement pourrait permettre de limiter l’impact de cette hausse sur les finances du canton, notamment les plus modestes.
Une hausse préoccupante des primes d’assurance maladie
Depuis 2000, les primes d’assurance maladie ont augmenté de manière significative, passant de 6,6% du revenu disponible en moyenne à 14% en 2020. Cette augmentation a particulièrement affecté les habitants du Valais, où les hausses des primes ont été plus marquées que dans d’autres cantons suisses. En 2026, une nouvelle augmentation de 5,9% est attendue, ce qui accentue encore la pression sur les assurés. Pour beaucoup de Valaisans, ces hausses sont difficiles à supporter et ont conduit à une véritable mobilisation pour demander des mesures de régulation.
L’initiative « Maximum 10% du revenu pour les primes d’assurance-maladie » vise à plafonner les primes d’assurance maladie à 10% du revenu disponible. Selon les initiants, cette mesure serait une réponse aux préoccupations grandissantes des Valaisans face à l’explosion des coûts des assurances. Le but est d’assurer une meilleure protection du pouvoir d’achat, en particulier pour les familles à faibles et moyens revenus qui sont les plus touchées par cette situation.
En outre, l’initiative prévoit une mesure de flexibilité : le plafond de 10% pourrait être réduit pour les catégories de revenus plus faibles. De plus, les assurés qui bénéficient déjà d’une réduction de primes individuelle et dont la charge représente moins de 10% de leur revenu ne seront pas désavantagés par cette initiative. L’objectif est de protéger les plus vulnérables, tout en équilibrant les besoins de financement du système de santé.
L’exemple des autres cantons : un modèle inspirant
Le canton de Vaud est le pionnier dans l’application d’un système similaire. Depuis 2019, il a instauré un mécanisme de subsides visant à limiter la part des primes d’assurance maladie à 10% du revenu des assurés. Bien que ce modèle ait permis à de nombreux Vaudois de bénéficier de primes plus accessibles, il n’a pas été exempt de critiques. La gestion administrative complexe des subsides et la nécessité de justifier des critères d’éligibilité ont posé des défis, notamment pour les assurés qui ne sont pas toujours informés ou bien orientés dans leurs démarches.
Cette expérience vaudoise pourrait inspirer le Valais, bien que des ajustements spécifiques soient nécessaires pour répondre aux particularités du canton. Les forces politiques et syndicales du Valais, réunies autour du PSVR (Parti socialiste du Valais romand), ont déjà fait savoir que l’initiative cantonale s’inspire en partie du modèle vaudois, tout en tenant compte des spécificités locales, indique Blick. Le Valais a d’ailleurs été favorable à une initiative fédérale similaire, rejetée au niveau national en 2024 par un peu plus de 52% des votants. Toutefois, cette même proposition avait recueilli un soutien notable au sein de la population valaisanne, ce qui a conduit à l’idée d’une initiative cantonale.
Le canton du Tessin a également adopté une démarche similaire, et en septembre 2024, plus de 57% des votants tessinois ont soutenu une initiative socialiste visant à limiter la charge des primes d’assurance maladie. Cette dynamique montre un intérêt croissant pour des solutions de plafonnement, bien qu’elles ne soient pas encore généralisées au niveau national.








