Après le trou d’air, le PIB suisse se redresse et sauve la fin d’année

L’économie suisse a progressé de 0,2 % au quatrième trimestre 2025 et de 1,4 % sur l’ensemble de l’année, des performances inférieures à la moyenne historique mais suffisantes pour éviter une nouvelle contraction.

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Après le trou d’air, le PIB suisse se redresse et sauve la fin d’année : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

L’économie suisse a terminé l’année 2025 sur une progression modérée, après un passage à vide au trimestre précédent. Selon une première estimation publiée par le Secrétariat d’État à l’économie (Seco), le produit intérieur brut a augmenté de 0,2 % au quatrième trimestre. 

Ce résultat correspond aux attentes des économistes, qui anticipaient une hausse comprise entre 0,1 % et 0,4 %. Il confirme une stabilisation conjoncturelle dans un environnement international resté complexe pour les entreprises helvétiques.

Un rebond mesuré après la contraction du troisième trimestre

Au quatrième trimestre 2025, le PIB suisse a progressé de 0,2 % par rapport au trimestre précédent, selon les données du Seco. Cette estimation préliminaire s’inscrit dans la fourchette des prévisions établies par les économistes interrogés par l’agence AWP, qui tablaient sur une évolution comprise entre 0,1 % et 0,4 %. La croissance enregistrée en fin d’année marque un retour en territoire positif après la contraction observée durant l’été.

Au troisième trimestre 2025, l’économie suisse avait en effet reculé de 0,5 %, selon les chiffres corrigés des événements sportifs. Cette baisse faisait suite à une progression de 0,2 % au deuxième trimestre. Le repli est principalement attribué à un fort recul de l’industrie chimique et pharmaceutique, pénalisée par des droits de douane. Ce secteur, qui joue un rôle déterminant dans les exportations helvétiques, avait ainsi pesé lourdement sur la performance globale du pays.

Le redressement du quatrième trimestre suggère un certain rééquilibrage, même si la progression reste limitée. L’économie ne retrouve pas un rythme soutenu, mais elle évite une nouvelle contraction. Ce mouvement traduit une capacité d’adaptation face aux chocs sectoriels, notamment dans l’industrie exportatrice, qui demeure sensible aux conditions commerciales internationales.

L’évolution récente illustre également la volatilité de la croissance trimestrielle en Suisse, fortement influencée par les performances de quelques branches clés. Lorsque des secteurs majeurs comme la chimie et la pharmacie connaissent des variations marquées, l’impact sur le PIB agrégé est significatif. Le chiffre de +0,2 % au quatrième trimestre doit ainsi être lu comme un signal de stabilisation plutôt que comme une accélération nette.

Une croissance annuelle inférieure à la moyenne historique

Sur l’ensemble de l’année 2025, l’économie suisse a enregistré une croissance de 1,4 %, après 1,2 % en 2024. Bien que l’activité ait légèrement accéléré d’une année à l’autre, ces niveaux restent en deçà de la moyenne de long terme. Le Seco rappelle que le taux de croissance moyen du pays s’élève à 1,8 % depuis 1981, ce qui place les performances récentes nettement en dessous de cette référence historique.

Le contexte international a continué de peser sur l’industrie exportatrice. Les tensions commerciales et les incertitudes économiques dans plusieurs régions partenaires ont freiné certaines branches orientées vers l’étranger. Les difficultés rencontrées par l’industrie chimique et pharmaceutique au troisième trimestre illustrent cette vulnérabilité aux évolutions du commerce mondial.

À l’inverse, le secteur des services a affiché une dynamique plus favorable. Selon le Seco, il a connu une croissance supérieure à la moyenne en comparaison historique. Cette performance a contribué à amortir les faiblesses de l’industrie et à soutenir l’activité globale. Les services, qui représentent une part importante du tissu économique suisse, jouent ainsi un rôle stabilisateur lorsque les exportations industrielles ralentissent.

La combinaison d’un secteur tertiaire robuste et d’une industrie confrontée à des obstacles externes explique le profil de croissance observé en 2025. L’économie suisse progresse, mais à un rythme modéré et inégal selon les branches. La croissance de 1,4 % sur l’année traduit une résilience certaine, tout en confirmant que le pays évolue dans un environnement moins porteur que sa moyenne historique.

Le chiffre trimestriel de +0,2 % en fin d’année s’inscrit donc dans une trajectoire de croissance contenue. Il met en évidence un retour à l’expansion après la contraction estivale, sans pour autant signaler un changement de tendance structurelle.

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