Deux phénomènes polluants se déchaînent en Suisse, menaçant vos poumons

La Suisse est recouverte de fumée provenant des incendies au Canada, suivie de sable du Sahara, affectant la qualité de l’air et la santé publique.

Publié le
Lecture : 3 min
Ciel voilé par la fumée des incendies
© Shutterstock

Depuis plusieurs jours, un voile blanchâtre recouvre le ciel suisse, perturbant la qualité de l’air et suscitant l’étonnement des météorologues. Ce phénomène est causé par des particules issues des incendies de forêt au Canada, qui ont traversé l’Atlantique. À cela s’ajoute une nouvelle pollution, cette fois en provenance du Sahara, qui devrait bientôt affecter l’atmosphère de la Suisse.

Les incendies de forêt au Canada ne cessent de prendre de l’ampleur. En ce moment, plus de 200 feux ravagent le pays, et des millions d’hectares de forêts ont déjà été détruits. À travers cet événement, des panaches de fumée traversent l’océan Atlantique, modifiant les conditions météorologiques en Europe.

Ce phénomène est d’autant plus surprenant que des conditions météorologiques particulières ont permis aux particules fines de se propager jusqu’à la Suisse, ce qui a considérablement affecté la qualité de l’air dans le pays. En parallèle, un autre phénomène s’annonce : le vent devrait transporter du sable du Sahara vers la Suisse, perturbant encore davantage l’atmosphère, indique Watson.

L’ampleur des incendies au Canada et leur impact sur l’Europe

Les incendies qui font rage au Canada, notamment en Colombie-Britannique, sont d’une ampleur exceptionnelle. Plus de 200 incendies sont en cours dans le pays, et près de la moitié d’entre eux ne sont toujours pas maîtrisés. Jusqu’à présent, plus de 3,2 millions d’hectares de forêts ont été détruits par les flammes, selon des données rapportées par la Coopération environnementale Suisse centrale.

La fumée générée par ces feux se propage au-delà du continent nord-américain, traversant l’Atlantique et atteignant l’Europe. Cette situation a étonné les météorologues, comme l’a souligné Marco Stoll, expert de MétéoSuisse. Le phénomène est d’autant plus frappant que le vent et les conditions de l’air ont permis de transporter les particules sans qu’elles ne soient diluées par la pluie, qui n’a pas eu lieu ces derniers jours.

Le ciel suisse voilé : un spectacle étrange

Depuis que la fumée a atteint la Suisse, le ciel est devenu légèrement voilé, particulièrement au niveau des altitudes moyennes. En effet, l’air est encore saturé de particules fines dans les zones plus basses du pays, en particulier en dessous de 2500 mètres.

Les conditions météorologiques, avec une absence de précipitations récentes et un vent particulier, ont facilité le transport des particules sur une longue distance.

L’arrivée d’une masse d’air plus propre en altitude depuis mercredi dernier a permis un léger dégagement, notamment dans les Alpes à haute altitude. Cependant, tant que les incendies au Canada se poursuivent, les émissions de fumée continueront d’affecter l’atmosphère de la Suisse, et les régions en altitude en seront bientôt moins touchées, a expliqué Marco Stoll de MétéoSuisse.

La webcam installée sur le Brienzer Rothorn à 2300 mètres d’altitude montre clairement la limite supérieure où la couche de fumée s’arrête, offrant un spectacle étrange au-dessus des plaines.

Sable du Sahara : une nouvelle menace pour la qualité de l’air

Si la situation n’était pas déjà préoccupante, un autre phénomène va aggraver la pollution de l’air en Suisse. À partir de jeudi, le vent du sud-ouest devrait transporter des particules fines provenant du Sahara, affectant la Suisse jusqu’au week-end.

Selon les prévisions, le sable saharien concernera d’abord les couches d’air supérieures, mais il pourrait atteindre les zones de moyenne montagne dès vendredi. Ces particules fines, particulièrement nocives pour les poumons, augmentent la concentration de la pollution de l’air, déjà impactée par la fumée des incendies.

Les fines particules de suie et de sable sont réputées dangereuses pour la santé, en particulier pour les personnes asthmatiques ou sensibles aux allergies. Selon les mesures de la Coopération environnementale Suisse centrale, la concentration de particules fines dépasse actuellement la limite légale de 50 microgrammes par mètre cube, un seuil qui n’est habituellement franchi que trois fois par an.

Laisser un commentaire

Share to...