En 2026, la pauvreté continuera d’augmenter en Suisse, mettant à mal les ménages les plus vulnérables. Caritas alerte sur l’aggravation de la situation, notamment pour les familles et les enfants, qui verront leurs perspectives se réduire davantage.
L’organisation souligne que les coûts de la vie, la hausse des primes d’assurance-maladie et les difficultés d’accès au logement pèsent lourdement sur ces ménages. Caritas appelle à des mesures immédiates pour alléger la charge qui pèse sur les plus démunis et à un renforcement de l’aide sociale.
Les facteurs aggravants de la pauvreté en 2026
Caritas met en lumière dans son communiqué sept principaux facteurs qui vont détériorer encore davantage la situation des plus pauvres en 2026. L’augmentation du coût de la vie, notamment les hausses des prix des produits de base et des services essentiels, est l’un des moteurs principaux de cette crise. L’augmentation des primes d’assurance-maladie, qui pèse particulièrement sur les revenus les plus faibles, contribue également à l’alourdissement des dépenses pour ces ménages. De plus, la pression sur le marché du logement, avec des loyers en constante augmentation, rend l’accès à un logement décent de plus en plus difficile pour les familles à faible revenu.
Un autre problème majeur reste la stagnation des bas salaires, qui ne suivent pas l’augmentation des frais. La combinaison de salaires insuffisants et de coûts de vie croissants empêche de nombreuses personnes de sortir de la pauvreté, même en travaillant. Les familles, en particulier, se trouvent prises au piège de cette dynamique. Caritas rappelle également que le forfait pour l’entretien de l’aide sociale reste trop bas pour couvrir les besoins essentiels des personnes dans le besoin. En outre, les plus démunis ne bénéficient pas des réductions fiscales accordées aux plus riches et sont beaucoup plus touchés par l’augmentation de la TVA.
Caritas appelle à des solutions concrètes pour alléger ces charges, telles que la réduction des primes d’assurance-maladie, un soutien accru pour les familles et une réforme fiscale visant à réduire les inégalités croissantes. L’organisation propose même une augmentation des impôts sur la fortune ou les successions comme moyen de financer des programmes d’aide destinés aux plus pauvres. Elle insiste également sur la nécessité d’un soutien plus important pour les personnes en situation de « working poor », celles qui, malgré un travail rémunéré, restent dans la pauvreté.
La pauvreté en chiffres : une situation préoccupante
Selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique, plus de 1,4 million de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ou juste au-dessus de ce seuil en Suisse. Cela représente environ 16 % de la population, un pourcentage qui reste inacceptable pour Caritas, d’autant plus que de nombreuses personnes vivant dans cette situation sont des familles avec enfants. Parmi les 708 000 personnes directement touchées par la pauvreté, environ 100 000 sont des enfants et 336 000 sont des « working poor ». Ces personnes sont particulièrement vulnérables, car elles travaillent mais leurs revenus sont insuffisants pour couvrir leurs besoins de base.
Le cas des « working poor » est particulièrement alarmant. Ces personnes sont confrontées à une réalité où, malgré un travail rémunéré, elles n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Une personne seule touchée par la pauvreté dispose au maximum de 2 315 francs par mois, un montant insuffisant pour couvrir les besoins de base comme le logement, la nourriture et les soins de santé. Pour une famille de quatre personnes, composée de deux parents et de deux enfants, le revenu maximum est de 4 051 francs par mois, ce qui ne permet pas non plus de garantir une qualité de vie décente dans un pays où le coût de la vie est élevé.
Face à cette situation, Caritas a lancé une nouvelle plateforme web, « La pauvreté en Suisse », qui fournit un aperçu détaillé de la situation actuelle de la pauvreté dans le pays. Cette plateforme vise à sensibiliser le public et les décideurs aux défis auxquels sont confrontées les personnes pauvres en Suisse, et à inciter à des actions concrètes pour lutter contre l’aggravation de cette situation. En cette année de son 125e anniversaire, Caritas continue de plaider pour une répartition plus équitable des ressources et pour une plus grande solidarité envers les plus vulnérables.








