En Suisse, les impôts que les célibataires doivent payer varient considérablement d’une commune à l’autre. Une étude récente de l’Institut de recherche sur la politique économique suisse (IWP) a dévoilé ces différences notables à travers les 2136 communes du pays. Selon que l’on réside dans un canton comme Zoug ou dans une région comme Neuchâtel, la facture fiscale peut être bien différente, ce qui peut impacter fortement le quotidien des citoyens, rapporte 20 minutes.
Cette situation découle d’un fédéralisme fiscal qui rend chaque canton et chaque commune autonome dans la gestion de ses impôts. Les célibataires, qui ne bénéficient pas des réductions d’impôts liées à la situation familiale, sont particulièrement exposés à ces différences. En fonction du salaire, des baisses ou des hausses d’impôts peuvent rendre la vie dans certaines communes plus agréable ou, au contraire, plus pénible.
Les communes les plus avantageuses : Zoug et Schwytz
Dans le classement des communes les plus favorables fiscalement pour les célibataires, les cantons de Zoug et Schwytz se distinguent nettement. Si vous résidez à Baar (ZG), par exemple, une personne gagnant un salaire moyen de 80’000 francs par an ne paiera que 3448 francs d’impôts, le montant le plus bas de toute la Suisse.
À titre de comparaison, dans la même situation, une personne vivant à Neuchâtel pourrait être amenée à payer bien plus, comme le révèle l’étude menée par l’IWP. Ces faibles impôts dans les cantons de Zoug et Schwytz sont principalement dus à une fiscalité locale moins gourmande et une politique fiscale favorable aux contribuables.
La commune de Turgi (AG) a également vu une baisse significative des impôts en 2024, de l’ordre de 9,8 %, ce qui illustre la tendance vers des réductions fiscales dans certaines régions.
Des communes où l’impôt est plus lourd : Neuchâtel et le Jura
En revanche, certaines communes, en particulier dans les cantons de Neuchâtel et du Jura, imposent des taxes beaucoup plus élevées. Par exemple, à Enges (NE), qui a été intégrée à Laténa depuis janvier, un célibataire gagnant 80’000 francs par an devra s’acquitter de 13’738 francs d’impôts, un montant parmi les plus élevés du pays.
Cette commune est talonnée de près par Les Verrières (NE), qui impose également un montant similaire. Les Planchettes (NE) ne sont pas en reste, avec une facture de 13’530 francs à payer pour un salaire identique.
L’étude met également en lumière une hausse des impôts dans certaines communes, à l’instar de Gletterens (FR), qui a enregistré une augmentation de 5,7 % entre 2023 et 2024. En 2024, les résidents de cette commune devront payer 10’607 francs, contre 10’036 francs l’année précédente.
L’impact des variations fiscales sur les couples et les célibataires
Les variations fiscales ne se limitent pas seulement aux célibataires. Les couples mariés, notamment ceux gagnant un revenu combiné de 160’000 francs par an, ressentent également l’impact des différences fiscales entre les communes.
À Enges, Les Verrières et Les Planchettes, les impôts sont particulièrement élevés pour ces couples, dépassant les 28’300 francs. En revanche, dans le canton de Zoug, comme à Baar, les couples paieront un peu plus de 7’600 francs, un écart significatif. Les couples aux revenus plus modestes (100’000 francs par an) paieront la facture fiscale la plus élevée à La Scheulte (BE), où les impôts atteindront 12’949 francs.
Les célibataires et les couples ayant des revenus plus importants doivent également faire face à ces disparités fiscales. Ainsi, pour un couple gagnant 260’000 francs par an, Baar (ZG) reste une destination attractive, avec des impôts d’environ 25’000 francs.
En revanche, Enges, avec ses impôts exorbitants, réclamera plus de 63’000 francs pour un couple dans cette même tranche de revenu. Ces données illustrent les écarts qui existent dans la fiscalité des communes suisses, avec des répercussions considérables pour les habitants en fonction de leur lieu de résidence.








