Les indemnités de départ versées aux hauts fonctionnaires suisses ont augmenté en 2024, atteignant près de 2,9 millions de francs. Cette hausse suscite des interrogations sur leur justification et sur la gestion de ces fonds publics sous la coupole fédérale.
Les parachutes dorés, ces indemnités de départ souvent généreuses, ont fait l’objet d’un examen approfondi. Dans un contexte où les contribuables sont attentifs à la gestion des finances publiques, la montée de ces paiements attire l’attention et soulève des questions sur leur contrôle et leur justification. Le Parlement travaille actuellement sur un projet de loi, la « Lex della Valle », qui vise à encadrer ces pratiques.
Une hausse notable des indemnités en 2024
Selon Blick, le montant total des parachutes dorés versés par les départements fédéraux a augmenté de près de 500 000 francs en une année, passant de 2,4 millions en 2023 à 2,9 millions en 2024. Ce sont les contribuables qui supportent cette charge, ce qui alimente les débats publics.
Le Département fédéral de l’intérieur, dirigé par la conseillère fédérale socialiste Elisabeth Baume-Schneider, est le plus gros payeur avec près de 964 000 francs. Derrière viennent le Département de la défense avec plus de 672 000 francs, puis le Département de l’environnement avec environ 597 000 francs. L’année précédente, c’était le Département des finances sous la direction de Karin Keller-Sutter qui détenait la première place du classement des indemnités versées.
Des cas controversés et une législation en cours
Le phénomène des indemnités de départ a souvent provoqué l’indignation, notamment quand les circonstances de ces paiements paraissent discutables. Le média helvétique rappelle un exemple qui avait fait grand bruit : la cheffe de Fedpol Nicoletta della Valle avait perçu une indemnité de 340 000 francs alors qu’elle était restée en fonction pendant neuf mois supplémentaires. Ce cas a poussé le Parlement à envisager une nouvelle réglementation, actuellement en cours d’élaboration sous le nom de « Lex della Valle ».
Par ailleurs, une situation jugée étonnante a été relevée au Département fédéral des affaires étrangères. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis avait autorisé une indemnité de plus de 70 000 francs pour Jon Fanzun lors de son départ pour devenir secrétaire général du PLR.
Ce paiement a été justifié par le département comme correspondant à un délai de résiliation contractuel. Cette justification a toutefois été contestée par Roger Rudolph, spécialiste du droit du travail, qui estime que la Confédération n’était pas obligée de verser cette somme supplémentaire.
Répartition et tendances des indemnités selon les départements
Les montants versés varient fortement selon les départements. Elisabeth Baume-Schneider, en tant que cheffe du Département de l’intérieur, se distingue comme responsable du département ayant versé le plus de parachutes dorés en 2024.
Le Département de la défense et celui de l’environnement suivent à distance, tandis que le Département des finances a connu une nette baisse après avoir été en tête l’année précédente.
Cette répartition illustre les priorités et décisions propres à chaque département en matière d’indemnités de départ. L’augmentation générale des montants versés alimente les débats sur la transparence et la nécessité d’un contrôle plus strict des dépenses publiques liées aux départs des hauts fonctionnaires.








