L’année 2025 est déjà un tournant pour l’économie suisse, marquée par un nombre de faillites d’entreprises qui bat des records. Selon les dernières données du cabinet Dun & Bradstreet, ce sont pas moins de 6274 procédures d’insolvabilité qui ont été ouvertes depuis le début de l’année, soit une hausse vertigineuse de 40% par rapport à 2024.
Si cette explosion des faillites inquiète, elle trouve une explication dans une réforme législative entrée en vigueur début 2025, obligeant les créanciers publics à agir plus rapidement pour récupérer leurs créances. Cette réforme, combinée à une conjoncture économique tendue, a plongé un grand nombre d’entreprises dans une situation financière critique.
La réforme qui a secoué le système : Une législation impitoyable
L’une des raisons principales de cette explosion des faillites est la réforme de la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP) entrée en vigueur le 1er janvier 2025. Avant cette réforme, les créanciers publics, tels que les administrations fiscales ou les assurances sociales, pouvaient récupérer leurs créances en engageant des poursuites. Mais cette procédure permettait souvent à des entreprises surendettées de tenir encore quelques mois, voire années, avant de tomber sous le coup de la faillite. Désormais, les créanciers publics sont contraints de passer directement par des procédures de faillites. Résultat : la mécanique s’est accélérée, et de nombreuses entreprises déjà fragilisées se sont retrouvées précipitées dans l’insolvabilité.
Les chiffres publiés par le cabinet Dun & Bradstreet sont sans appel : 6274 faillites, un bond spectaculaire de 40% par rapport à l’année précédente. Ce n’est pas qu’une simple évolution, c’est une véritable vague qui a emporté de nombreux acteurs économiques. L’objectif de cette réforme était d’assainir le système, de couper court aux entreprises zombies, mais elle a aussi mis en lumière la fragilité de certaines sociétés, incapables de faire face à une situation de plus en plus tendue. Et pourtant, au cœur de ce tumulte, une autre dynamique émerge : celle des entreprises nouvelles.
Entrepreneurs résilients : La hausse des créations d’entreprises
Malgré cette tempête de faillites, le côté optimiste de l’économie suisse ne se laisse pas abattre. En effet, au cours des trois premiers trimestres de l’année 2025, 40’866 nouvelles entreprises ont été créées, soit une hausse de 4% par rapport à l’année dernière. Cela montre que malgré les turbulences économiques, l’esprit d’entreprendre reste bien vivant. En Suisse centrale, par exemple, la hausse des créations d’entreprises a atteint 11%, un signe fort de résilience et d’innovation. À Zurich, ce chiffre est également positif avec une augmentation de 6%. Ces zones connaissent un véritable dynamisme entrepreneurial.
Cependant, tout n’est pas rose pour tous les secteurs, selon Blick. Certaines industries comme l’immobilier (+20%), les technologies de l’information (+16%) et les holdings (+17%) ont vu leurs créations d’entreprises augmenter. À l’inverse, des secteurs comme le commerce de détail (-11%), l’hôtellerie et la restauration (-3%) ou encore le transport terrestre (-5%) ont enregistré des baisses, un reflet direct des nouvelles habitudes de consommation et des changements dans les priorités économiques. Cela met en lumière une tendance claire : les secteurs les plus agiles, capables de s’adapter aux nouvelles réalités économiques et technologiques, restent les plus forts.
Malgré tout, l’ombre des faillites plane sur ces créations d’entreprises. Si les chiffres sont encourageants, les jeunes entreprises devront naviguer dans un climat plus difficile, où la gestion de la dette et des créances publiques devient un casse-tête. Les créateurs d’entreprises devront faire preuve d’une grande agilité pour ne pas tomber dans le piège des difficultés financières qui guettent.








