Mobilité électrique : La Suisse dégringole au 13e rang mondial, un revers majeur pour son leadership européen

La Suisse recule au 13e rang mondial en mobilité électrique en raison d’un manque de stratégie nationale, malgré des progrès dans certains segments.

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Mobilité électrique : La Suisse dégringole au 13e rang mondial, un revers majeur pour son leadership européen : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La Suisse, autrefois en tête de la mobilité électrique, a dégringolé au 13e rang mondial, selon les derniers chiffres de Swiss eMobility. Alors que la part des véhicules entièrement électriques dans les nouvelles immatriculations a atteint 22,8%, la croissance du secteur reste lente, avec seulement 8% d’augmentation en 2025, bien en dessous de la moyenne européenne de 20%. 

Cette contre-performance est en grande partie expliquée par l’absence d’une stratégie nationale claire pour la décarbonation des transports. Le pays peine à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de CO₂, malgré une hausse de la part de marché des véhicules électriques.

Une croissance de la mobilité électrique en Suisse insuffisante

La mobilité électrique suisse stagne, avec un taux de croissance de seulement 8% en 2025, loin des performances de pays comme l’Islande, qui a enregistré une hausse de 125%. Bien que la part des véhicules électriques ait progressé de 3,5 points, atteignant 22,8% des nouvelles immatriculations, la Suisse n’a pas réussi à maintenir son rythme de croissance, se retrouvant désormais au 13e rang mondial. En comparaison, des pays européens comme l’Islande ou la Norvège connaissent une adoption beaucoup plus rapide des véhicules électriques, soutenue par des politiques publiques ambitieuses et des incitations financières efficaces.

Geoffrey Orlando, directeur romand de Swiss eMobility, souligne l’absence de stratégie nationale comme principal facteur de ce retard. La Tribune deGenève a rapporté ses propos : « La Suisse ne dispose pas d’une stratégie claire pour la décarbonation des transports. Avec un objectif clair et des mesures efficaces, beaucoup plus serait possible », explique-t-il. Il est vrai qu’un plan d’action structuré, incluant des incitations fiscales, des subventions pour les véhicules électriques et un soutien pour les infrastructures de recharge, pourrait accélérer la transition énergétique du secteur automobile suisse. En l’absence de telles mesures, le pays risque de continuer à perdre du terrain par rapport à ses voisins européens.

Le recul des véhicules thermiques est, cependant, une tendance confirmée. En 2025, les véhicules à essence ont perdu 14 000 immatriculations et 5,1 points de part de marché, tandis que le diesel a perdu 5 000 véhicules. En conséquence, la part des véhicules thermiques est tombée sous la barre des véhicules électriques pour la première fois, avec 30,7% des nouvelles immatriculations, contre 33,9% pour les véhicules électriques. En 2015, les voitures électriques représentaient seulement 1% du marché, ce qui montre l’évolution positive du secteur, bien que lente.

La Suisse en tête dans les poids lourds et les utilitaires légers

Malgré cette contre-performance dans le secteur des voitures particulières, la Suisse se distingue dans le domaine des poids lourds électriques. Le pays occupe la première place en Europe avec une part de marché de 21% pour les camions électriques, devant le Danemark et la Suède. Cette réussite est attribuée à l’engagement d’entreprises suisses comme Galliker, Hugelshofer, Dreier ou Krummen, qui ont investi dans des flottes de camions électriques pour répondre à la demande croissante de solutions de transport durable.

Le marché des utilitaires légers électriques a également connu une progression impressionnante, doublant sa part de marché pour dépasser les 15%. Ces segments ont vu une adoption accrue, soutenue par des initiatives d’entreprises suisses et une meilleure rentabilité à long terme des véhicules électriques dans le transport professionnel. Cependant, cette dynamique positive ne suffit pas à compenser les défis du marché des voitures particulières, où la Suisse est toujours en retard par rapport à d’autres pays européens.

Sur le marché des voitures de tourisme, un autre phénomène notable est la montée en puissance de la marque Škoda, qui a désormais détrôné Tesla comme la marque de véhicules électriques la plus vendue en Suisse. Cette évolution témoigne d’une tendance à la diversification des marques, avec des véhicules électriques plus abordables qui attirent les consommateurs suisses.

Cependant, le marché de la recharge reste un point faible pour la Suisse. L’objectif de 20 000 points de recharge publics n’a pas été atteint, et des disparités importantes existent entre les cantons. La Suisse alémanique, notamment, affiche des parts de marché beaucoup plus élevées de véhicules électriques et dispose de meilleures infrastructures de recharge que la Suisse romande. Ces inégalités géographiques rendent l’adoption des véhicules électriques plus difficile pour les habitants de certaines régions.

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