Meta s’apprête à exploiter les contenus publics des utilisateurs de Facebook et Instagram pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle. Les personnes résidant en Suisse n’ont que jusqu’au 26 mai pour s’y opposer, faute de quoi leurs données seront automatiquement intégrées.
Le géant américain relance son projet d’entraînement de modèles IA à partir des publications publiques sur ses plateformes, interrompu en 2024 après des critiques. Cette décision inclut désormais les utilisateurs suisses, suscitant de vives réactions.
L’initiative de Meta intervient dans un contexte de concurrence technologique mondiale. En se basant sur le Règlement général sur la protection des données (RGPD), l’entreprise invoque son « intérêt légitime« , ce qui interroge sur la validité juridique de cette démarche en Europe.
Quels contenus sont concernés par cette exploitation
Dès le 27 mai, Meta intégrera automatiquement dans ses bases de données les publications publiques, commentaires, photos, critiques, « likes » et autres interactions visibles sur Facebook et Instagram.
Les échanges avec les outils d’intelligence artificielle du groupe, comme ceux présents sur WhatsApp, seront également collectés. Seuls les contenus privés, les données de mineurs et les messages non explicitement partagés avec Meta AI échappent à cette collecte.
Comme l’indique Blick, les utilisateurs qui ne manifestent pas leur opposition avant le 26 mai verront toutes leurs données publiques intégrées aux modèles IA. Après cette date, les contenus déjà collectés resteront exploités, les futures oppositions ne les affecteront plus. Même en cas d’opposition, les contributions déjà absorbées ne seront pas supprimables des systèmes d’apprentissage.
Les ambitions de Meta et ses justifications
Meta entend rivaliser avec d’autres grands acteurs technologiques, notamment OpenAI et Google, selon le média helvétique. Le groupe mise sur des modèles d’IA plus performants, nourris par d’énormes volumes de contenus variés, en particulier ceux reflétant des spécificités locales. Cette stratégie vise à renforcer l’attractivité de ses plateformes et à ouvrir de nouvelles voies commerciales.
Pour justifier cette utilisation, Meta fait appel à la notion d’ »intérêt légitime », disposition du RGPD qui permet, selon l’entreprise, de collecter des données sans consentement explicite. Cette méthode de consentement par défaut (opt-out) est cependant remise en question.
Des autorités européennes de protection des données, ainsi que l’ONG NOYB, dénoncent le manque de transparence et de consentement explicite dans la démarche de Meta.
Comment s’opposer à cette collecte en Suisse
Les utilisateurs peuvent s’opposer à cette utilisation de leurs données via des formulaires disponibles sur Facebook et Instagram. Une simple adresse e-mail suffit pour soumettre la demande.
Il n’est pas requis de fournir une justification. Pour WhatsApp, aucune procédure de refus n’est proposée, mais il est recommandé d’éviter les fonctionnalités Meta AI, reconnaissables à un cercle bleu.
Comme le souligne la source, ne pas entreprendre cette démarche dans les délais aura pour conséquence l’exploitation de toutes les données publiques antérieures. L’ONG NOYB, à l’origine d’une mise en demeure envoyée à Meta, envisage des actions en justice. Meta n’a pas répondu aux demandes de clarification envoyées par Reuters, et reste silencieux quant à la portée exacte de l’usage de ces données.








