Médicaments désormais trop chers ? Trump s’attaque encore à la Suisse

Les menaces de Trump envers l’industrie pharmaceutique mondiale pourraient avoir des conséquences indirectes mais importantes sur le système de santé suisse.

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Trump et Big Pharma
Trump et Big Pharma : une menace pour les primes maladie en Suisse : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Les tensions croissantes entre l’administration Trump et l’industrie pharmaceutique mondiale risquent de provoquer une hausse des primes d’assurance maladie en Suisse. En exerçant une pression sur les grandes entreprises pharmaceutiques, telles que Roche et Novartis, Trump veut que ces sociétés modifient leur stratégie de prix, principalement sur le marché américain. 

Parallèlement, il critique la Suisse pour ses coûts de médicaments élevés en la comparant aux dépenses relativement faibles des États-Unis. Les répercussions de cette politique ne se limiteront pas aux États-Unis, mais toucheront également la Suisse, où les prix des médicaments sont déjà un sujet de préoccupation. Cette situation pourrait avoir des conséquences majeures pour les assurés suisses, qui devront faire face à des hausses de primes si les négociations échouent.

L’impact de la pression américaine sur les prix des médicaments

L’administration Trump a intensifié la pression sur l’industrie pharmaceutique mondiale pour obtenir des réductions substantielles sur les prix des médicaments, notamment en menaçant d’imposer des droits de douane massifs sur les produits importés. En ciblant directement les géants pharmaceutiques comme Roche et Novartis, le président américain cherche à garantir que les prix des médicaments aux États-Unis ne soient plus quatre fois supérieurs à ceux pratiqués en Europe. Cette stratégie vise à rendre les médicaments plus abordables pour les Américains tout en incitant l’Europe, et en particulier la Suisse, à augmenter ses investissements dans l’industrie pharmaceutique.

Donald Trump a également dénoncé ce qu’il appelle la « politique de passager clandestin » de l’Europe, selon laquelle les États-Unis financent une partie des coûts de recherche et développement des médicaments par des prix extrêmement élevés. Selon ses critiques, les citoyens américains payent beaucoup plus que leurs homologues européens, qui bénéficient de médicaments moins chers grâce à des subventions indirectes, rapporte Watson. Par exemple, les États-Unis consacrent 1,74 % de leur produit intérieur brut (PIB) aux médicaments, contre seulement 0,39 % pour la Suisse. Cette situation ne plaît pas à Trump, qui exige un réajustement global des prix.

Dans ce contexte, des entreprises comme Eli Lilly, qui produisent des médicaments essentiels, ont commencé à soutenir la position de Trump en indiquant que les prix des médicaments aux États-Unis ne pourraient être réduits que si les dépenses en Europe étaient également augmentées. Cette pression accrue sur les fabricants pourrait forcer les entreprises à répercuter une partie de leurs coûts supplémentaires sur d’autres marchés, notamment en Suisse.

La Suisse face à un dilemme : entre protection de l’industrie et hausse des primes

En Suisse, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) se trouve dans une position délicate. D’une part, le pays doit maintenir un environnement favorable pour les entreprises pharmaceutiques, essentielles à l’économie nationale. En 2024, par exemple, les fabricants ont demandé des prix de départ de 30 % supérieurs à la valeur économique réelle pour de nouveaux médicaments inscrits sur la liste des spécialités. Les fabricants de traitements contre le cancer ont également réclamé des tarifs particulièrement élevés, mettant la Suisse dans une position de négociation difficile. D’autre part, l’OFSP doit prendre en compte les préoccupations des assurés, qui risquent de se voir imposer des primes de plus en plus élevées si les prix des médicaments continuent de grimper.

L’OFSP a clairement indiqué que toute hausse des prix des médicaments ne serait pas dans l’intérêt des assurés suisses, qui se trouvent déjà parmi les plus grands contributeurs au financement des médicaments en Europe. La Suisse consacre une part disproportionnée de ses ressources à l’achat de médicaments, ce qui alourdit déjà le fardeau des assurés. Actuellement, aucun pays en Europe ne dépense plus par habitant que la Suisse pour ses médicaments. Si l’industrie pharmaceutique obtient gain de cause, ces hausses de coûts seront probablement répercutées sur les primes d’assurance maladie, déjà un point de friction majeur pour la population.

L’OFSP et le gouvernement suisse ont assuré qu’ils ne soutiendraient pas une hausse générale des prix. En revanche, des réformes ciblées sont en préparation pour améliorer la situation à long terme. Parmi ces réformes, un nouveau mécanisme d’évaluation des médicaments devrait voir le jour, afin de prendre en compte des critères comme l’efficacité réelle des traitements, leur impact sur la qualité de vie et leur tolérance. Cependant, ces mesures risquent de ne pas être appliquées avant 2027, laissant les assurés exposés à des hausses potentielles dans l’intervalle.

Les géants pharmaceutiques suisses, de leur côté, ont déjà pris des mesures pour faire face à cette situation. Roche, par exemple, a retiré un médicament anticancéreux du marché suisse, jugeant son prix injustifié par rapport à son efficacité. D’autres entreprises pourraient suivre cette démarche, exacerbant ainsi la pression sur le système de santé suisse.

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