Surtaxe américaine : les Suisses refusent de plier sous la pression de Trump

Les Suisses affichent une unité rare face à la pression américaine, préférant assumer un coût économique plutôt que de renoncer à leur souveraineté commerciale.

Publié le
Lecture : 2 min
Suisses
La majorité des Suisses ne veut faire aucune concession face à Donald Trump : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La tension commerciale entre la Suisse et les États-Unis s’intensifie dans un contexte marqué par l’imposition de lourds droits de douane américains. Depuis le 7 août 2025, Washington applique une surtaxe de 39 % sur de nombreux produits helvétiques, conséquence directe de l’échec des discussions bilatérales. 

Un sondage réalisé début août montre que la majorité des Suisses refuse toute concession face aux exigences de Donald Trump, même en anticipant des conséquences économiques importantes. Cette position illustre un attachement profond à l’indépendance économique nationale et une volonté de ne pas céder à la pression extérieure.

Un refus largement partagé dans l’opinion publique

Le sondage YouGov, mené du 5 au 11 août auprès de 1 260 personnes, révèle que près de deux tiers des Suisses estiment que la Confédération ne doit pas céder, même si cela implique de supporter les droits de douane de 39 %. Seul un quart des sondés se dit favorable à un compromis visant à apaiser les tensions commerciales avec Washington. Plus révélateur encore, cette position ne se limite pas à un camp politique : elle transcende les clivages partisans traditionnels.
Près de la moitié des répondants déclarent que la Suisse devrait miser davantage sur ses propres produits, même si cela entraîne une hausse des prix pour les consommateurs. Par ailleurs, 41 % des personnes interrogées désapprouvent les investissements suisses aux États-Unis, contre seulement 15 % qui y sont favorables. Cette tendance témoigne d’une méfiance accrue envers le marché américain et d’un soutien affirmé à la production nationale. L’étude met également en lumière une perception réaliste des conséquences économiques : deux tiers des sondés s’attendent à un impact négatif sur l’économie, tandis que seulement 5 % estiment qu’il n’y aura pas de répercussions significatives.

Des tensions durables sur fond de divergences politiques internationales

La fermeté de l’opinion publique contraste avec la complexité de la situation diplomatique. Les discussions entre Berne et Washington n’ont pas permis de réduire la surtaxe à 10 %, comme le souhaitaient les autorités helvétiques. Le gouvernement suisse exclut certaines concessions, notamment l’abandon du contrat d’achat des avions F-35, un point sensible pour les États-Unis. Cette intransigeance politique s’appuie sur un soutien populaire solide, mais elle complique la recherche d’une solution rapide.
En parallèle, le sondage souligne que, si la question américaine rassemble, celle des relations avec l’Union européenne continue de diviser. Un peu plus de la moitié des participants souhaitent un rapprochement accru avec Bruxelles, tandis que les sympathisants de l’UDC s’y opposent fermement. Cette fracture politique révèle que la politique commerciale suisse est traversée par des enjeux multiples, où chaque dossier – États-Unis ou Union européenne – mobilise des sensibilités différentes. Pour les entreprises helvétiques, la persistance des droits de douane américains impose déjà des ajustements stratégiques, avec un recentrage sur d’autres marchés et une vigilance accrue sur la compétitivité internationale.

Laisser un commentaire

Share to...