Les locataires suisses qui envisagent un déménagement doivent désormais se préparer à des loyers bien plus élevés qu’ils ne l’avaient imaginé. Alors que les loyers anciens restent modérés, ceux des nouveaux baux atteignent des sommets inédits, et les locataires pourraient être confrontés à une situation financière bien plus complexe qu’auparavant.
Le marché locatif suisse connaît une pression de plus en plus forte. Entre les coûts de construction en hausse, la forte demande de logements et l’offre insuffisante, déménager dans un appartement plus grand ou mieux situé est devenu un pari risqué pour les locataires. Les loyers élevés et les conditions de marché difficiles incitent certains économistes à conseiller aux locataires de se préparer financièrement bien en amont.
Des loyers toujours plus élevés
Les loyers actuels, bien qu’encore modérés grâce aux taux d’intérêt relativement bas, risquent de monter en flèche dans les années à venir. Selon un rapport de NZZ am Sonntag, les loyers des nouveaux baux ont atteint des niveaux records, en particulier dans les grandes villes suisses, rapporte Le Matin.
La flambée des loyers touche de plus en plus de locataires, notamment ceux obligés de déménager. Ce phénomène est alimenté par plusieurs facteurs : la pression foncière, l’augmentation des coûts de construction et un marché locatif trop peu diversifié.
Prenons l’exemple d’une mère célibataire vivant à Zurich. Après avoir occupé un appartement à loyer modéré pendant plus de dix ans, elle a dû quitter son logement en raison de travaux de rénovation, relate la source.
Le bailleur lui avait promis qu’elle pourrait y revenir une fois les rénovations terminées, mais le loyer proposé pour l’appartement rénové s’élevait à 3000 francs mensuels, une somme bien au-delà de ses capacités financières. Contraints par ces hausses de loyer, de nombreux locataires se voient donc dans l’obligation de rester dans des logements moins chers mais moins adaptés à leurs besoins.
Une économie de précaution s’impose
Face à cette situation inquiétante, l’économiste Andreas Loepfe conseille vivement aux locataires de commencer dès maintenant à économiser pour parer à l’inévitable hausse des loyers.
Selon ses calculs, si un locataire économise 1000 francs par mois grâce à un loyer modéré, cette somme pourrait atteindre 240’000 francs après 20 ans. Cet argent pourrait alors être utilisé pour combler la différence avec des loyers plus élevés ou pour investir dans l’achat d’un bien immobilier.
Loepfe insiste sur la nécessité de constituer des réserves, car les hausses de loyer prévues ne feront qu’aggraver les difficultés des ménages locataires.
Les stratégies des propriétaires face aux régulations
Alors que les autorités tentent de réguler les hausses de loyers par des plafonds et des restrictions, de nombreux propriétaires de logements locatifs s’adaptent en anticipant ces nouvelles contraintes légales.
Ils accélèrent les travaux de rénovation ou préfèrent vendre leurs biens en copropriété afin de conserver une certaine liberté sur la fixation des loyers. D’autres choisissent même de se retirer partiellement du marché locatif, ce qui réduit encore l’offre de logements disponibles.
Ces stratégies de la part des bailleurs risquent d’aggraver la crise du logement en Suisse, en particulier pour les locataires les plus vulnérables.








