Les prix de l’immobilier en Suisse ne cessent de grimper, poussant de nombreux Suisses à utiliser leurs fonds de prévoyance pour financer l’achat de leur logement. Une pratique en forte hausse qui pourrait pourtant poser des problèmes à long terme pour leur retraite, selon une étude récente de la banque Raiffeisen, rapporte Blick.
Face à l’augmentation des prix de l’immobilier, un nombre croissant de Suisses choisissent de puiser dans leurs comptes de prévoyance pour financer l’achat de leur logement. Une tendance qui inquiète les experts, car cette solution peut entraîner des lacunes importantes dans la préparation de la retraite.
Une solution face à la hausse des prix de l’immobilier
L’accession à la propriété devient de plus en plus difficile en Suisse, notamment à cause des prix toujours plus élevés dans les grandes villes. Selon l’étude, de nombreux Suisses, notamment parmi les jeunes générations, se tournent vers leurs comptes de prévoyance pour financer leur bien immobilier.
Depuis 1990, les Suisses peuvent retirer leur argent du pilier 3a pour investir dans l’immobilier, et depuis 1995, les retraits peuvent également être effectués à partir du 2e pilier. Cela semble une solution pour ceux qui peinent à réunir la somme nécessaire pour l’achat d’une maison, un bien qui devient de plus en plus inabordable.
Cependant, cette pratique devient de plus en plus courante. En effet, entre 2000 et 2010, 19% des Suisses ont utilisé leur pilier 3a pour financer leur logement, et ce chiffre a atteint 33% depuis 2011, un bond significatif. Un recours à ces fonds de plus en plus utilisé pour combler les écarts financiers causés par l’augmentation des prix de l’immobilier.
Un emprunt à long terme sur la retraite
Si cette solution semble viable à court terme, elle cache toutefois un problème majeur à long terme. Retirer de l’argent de son compte de prévoyance pour acheter un bien immobilier laisse un trou important dans les économies prévues pour la retraite.
L’étude montre que parmi ceux ayant utilisé leur pilier 2 pour acheter leur logement, seuls 25 % prévoient de renflouer leur caisse de pension à l’avenir. Ce manque de prévoyance pourrait réduire considérablement les prestations de vieillesse et affecter le niveau de vie une fois la retraite venue, comme l’indique l’analyse réalisée par l’institution financière.
Cette situation est particulièrement préoccupante car les jeunes générations, très attirées par l’achat immobilier, ne sont pas nécessairement conscientes des conséquences sur leur retraite. En effet, une grande majorité des 18-30 ans aspire à devenir propriétaire dans les prochaines années. Toutefois, ce désir pourrait se heurter à des réalités moins réjouissantes lorsque le moment viendra de préparer leur avenir financier.
Des solutions pour éviter les pièges financiers
Pour limiter les risques d’une retraite moins confortable, les experts conseillent de planifier dès maintenant l’équilibre entre l’achat immobilier et la préparation de la retraite. Selon les recommandations de Raiffeisen, il est crucial de penser à long terme en établissant un budget bien structuré et en optimisant les investissements dans la prévoyance. Cela passe par une gestion réfléchie des économies et par l’anticipation des futurs besoins financiers.
Les Suisses doivent également être encouragés à évaluer les différentes options de financement disponibles avant de se tourner vers leurs fonds de prévoyance. Il ne s’agit pas seulement de se lancer dans l’achat d’un bien immobilier sans prendre en compte les conséquences sur la retraite, mais plutôt de trouver un équilibre entre les ambitions immédiates et la sécurité financière future.
Les experts soulignent que même si l’achat immobilier peut être une étape importante de la vie, il ne doit pas se faire au détriment d’une pension de vieillesse bien financée. Les conseils financiers deviennent donc un atout pour ceux qui souhaitent concilier rêve de propriété et préparation sereine à la retraite.








