L’économie suisse face à un ralentissement mais évite l’effondrement à cause des taxes américaines

Malgré les hausses tarifaires américaines, le Conseil fédéral estime que l’économie suisse ne s’effondrera pas, mais prévoit un ralentissement.

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Confédération Suisse
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Malgré une série de hausses tarifaires décidées par Washington, le Conseil fédéral estime que l’économie suisse ne court pas de risque d’effondrement. Un ralentissement de la croissance est toutefois anticipé dans un contexte marqué par une forte incertitude.

Face à une politique douanière américaine de plus en plus agressive, les autorités suisses misent sur la résilience de leur économie. Le gouvernement reste prudent, soulignant la fragilité d’une conjoncture mondiale déjà mise à mal par des tensions commerciales croissantes.

Une série de hausses tarifaires américaines ciblant les importations

Depuis le mois de mars, les États-Unis ont mis en place plusieurs vagues de hausses tarifaires qui affectent directement les échanges commerciaux avec la Suisse. Le 12 mars, des droits de douane de 25 % ont été instaurés sur l’acier et l’aluminium.

Trois semaines plus tard, le 3 avril, ces mesures ont été élargies aux voitures importées, avec une taxation supplémentaire de 25 %. Le 5 avril, une taxe forfaitaire de 10 % a été appliquée à presque toutes les importations, bien que certains secteurs, comme les produits pharmaceutiques, aient été épargnés.

Le 9 avril, un nouveau droit de douane spécifique à chaque pays a été introduit, avec une surtaxe de 21 % visant les produits suisses. Cette dernière mesure a toutefois été suspendue pour une période de 90 jours, comme le rapporte Le Matin. Ces annonces marquent une intensification notable de la pression tarifaire sur les exportateurs suisses, dans un contexte de politique économique américaine protectionniste.

Une croissance attendue en repli mais pas de crise majeure

Dans un communiqué publié mercredi, le Conseil fédéral a reconnu que la Suisse pourrait faire face à un ralentissement de sa croissance économique. Ce repli s’explique principalement par les effets indirects des mesures américaines : baisse de la demande mondiale, volatilité accrue des marchés financiers et pressions sur les taux de change.

Le gouvernement helvétique ne s’attend cependant pas à une contraction brutale de l’économie. Il rappelle que les prévisions du 18 mars tablaient encore sur une hausse du PIB de 1,4 % en 2025, tout en admettant que cette estimation devra probablement être revue à la baisse.

Selon Blick, cette posture prudente vise à rassurer tout en restant lucide sur la complexité de la situation internationale. L’économie suisse, très ouverte et tournée vers l’export, reste exposée à des fluctuations extérieures, même si certains de ses atouts, comme la forte part des produits pharmaceutiques dans ses exportations vers les États-Unis, permettent d’atténuer l’impact immédiat des taxes.

Des mesures de soutien prévues pour amortir le choc

Anticipant d’éventuelles difficultés pour certaines entreprises suisses, le Conseil fédéral a réaffirmé sa volonté de recourir à des outils de soutien conjoncturel. Parmi ceux-ci, les indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail (RHT) tiennent une place centrale.

Déjà utilisées pendant la pandémie pour limiter les licenciements, ces aides visent à compenser les pertes d’activité temporaires liées aux chocs économiques extérieurs.

Le gouvernement a déclaré que les nouvelles taxes américaines pourraient constituer un motif légitime d’accès à ces dispositifs. Cette décision montre une volonté d’agir rapidement pour préserver l’emploi dans les secteurs potentiellement fragilisés par la baisse de compétitivité liée aux hausses de coûts à l’export. Comme l’explique le média helvétique, cette réponse politique s’inscrit dans une logique de prévention des effets sociaux d’un ralentissement économique.

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