Les jeunes Suisses peinent à joindre les deux bouts… mais pas question de travailler plus

Les jeunes Suisses peinent à épargner face à la hausse des coûts de la vie, avec des inquiétudes croissantes concernant leur avenir financier et la retraite.

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Les jeunes Suisses peinent à joindre les deux bouts... mais pas question de travailler plus - © Sutterstock

Les jeunes générations en Suisse, particulièrement la génération Z et les Millennials, font face à une situation économique de plus en plus difficile. Selon une étude du cabinet Deloitte, plus de la moitié des jeunes adultes suisses ne parviennent pas à épargner, et beaucoup d’entre eux vivent au jour le jour. Une pression financière renforcée par la hausse continue des prix des biens de consommation, des loyers et des assurances maladie.

Les résultats d’une étude mondiale réalisée par Deloitte soulignent l’ampleur du phénomène, même dans un pays aussi prospère que la Suisse. Bien que la Suisse soit souvent perçue comme un bastion de richesse, une large portion de sa jeunesse éprouve de réelles difficultés à gérer ses finances quotidiennes et à préparer son avenir financier, rapporte Blick.

Une jeunesse suisse en difficulté face à la hausse des prix

Les jeunes adultes en Suisse, particulièrement ceux de la génération Z (nés entre 1995 et 2004) et des Millennials (nés entre 1983 et 1994), sont de plus en plus touchés par les hausses des coûts de la vie. Une majorité d’entre eux se trouvent dans l’incapacité de mettre de l’argent de côté, avec des dépenses quotidiennes absorbant l’intégralité de leurs salaires.

Les primes d’assurance maladie, les loyers en augmentation constante, ainsi que la hausse des prix des produits alimentaires sont les principales causes de cette précarité, selon l’enquête annuelle de Deloitte.

Cette situation est d’autant plus marquante que la Suisse, avec ses salaires élevés, est généralement perçue comme un pays relativement épargné par les difficultés économiques. Mais les jeunes adultes, particulièrement ceux vivant dans les grandes villes, semblent être les plus vulnérables face à cette pression financière.

L’étude révèle que plus de 50 % des jeunes adultes en Suisse vivent avec des revenus qui ne leur permettent pas d’épargner. Un tiers de ceux-ci se retrouvent même dans une situation où il leur est difficile de couvrir leurs dépenses mensuelles, ce qui met en lumière l’ampleur de la précarité.

Le rêve de la propriété inaccessible pour une majorité

Un autre constat inquiétant est l’inaccessibilité de la propriété pour de nombreux jeunes en Suisse. Bien que plus de la moitié des jeunes adultes rêvent de devenir propriétaires d’un logement, la réalité économique les pousse à abdiquer cette ambition. L’augmentation des prix des biens immobiliers, combinée à des salaires qui peinent à suivre, rend cet objectif quasiment inatteignable pour une grande partie d’entre eux.

Une étude menée par la Haute école de Lucerne a révélé que plus de la moitié des Millennials et de la génération Z souhaitent acquérir leur propre logement un jour, mais très peu croient que cela sera réalisable dans le contexte actuel. Le décalage entre le désir de posséder un bien immobilier et la réalité économique semble grandir chaque année.

Selon le baromètre de 2024 de Wüest Partner, 60 % des moins de 35 ans vivent actuellement en location, ce qui reflète une tendance où la propriété devient un rêve de plus en plus lointain pour la jeunesse suisse. Frédéric Pellet, expert du cabinet, a mis en évidence cette divergence croissante entre les attentes et la réalité économique des jeunes en matière de logement.

L’inquiétude pour la retraite : un enjeu de plus en plus présent

Les jeunes générations ne sont pas seulement préoccupées par leurs finances immédiates ; elles nourrissent également des inquiétudes pour leur avenir à long terme. Un point soulevé dans l’étude de Deloitte est le sentiment croissant de l’incertitude quant à la préparation de la retraite.

Près de 49 % des jeunes de la génération Z se disent inquiets de ne pas avoir suffisamment d’argent de côté pour leurs vieux jours. Cette proportion représente une hausse marquée par rapport aux années précédentes. En 2024, cette inquiétude concernait 19 % de jeunes de moins, ce qui témoigne d’une prise de conscience accrue sur les enjeux liés à la retraite.

Cette crainte de ne pas avoir suffisamment économisé pour l’avenir est exacerbée par l’évolution du rapport des jeunes au travail. De plus en plus de jeunes privilégient un équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle, en choisissant des emplois à temps partiel plutôt que des carrières à temps plein.

Cette tendance, bien que liée à des aspirations de bien-être personnel, a pour conséquence directe une limitation des revenus, ce qui rend plus difficile l’épargne pour des projets de long terme, notamment pour la retraite. Ce phénomène est particulièrement marqué chez la génération Z, qui semble moins orientée vers une ambition de carrière à long terme, selon Michael Grampp, économiste en chef chez Deloitte, souligne le média helvétique.

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