Les jeunes refusent de se mettre en couple, la vie en solo gagne du terrain en Suisse

Le célibat chez les jeunes Suisses augmente, influencé par l’émancipation des femmes, l’écart de genre croissant et l’impact des technologies modernes.

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Les jeunes refusent de se mettre en couple, la vie en solo gagne du terrain en Suisse : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le célibat chez les jeunes Suisses est un phénomène de plus en plus marqué. En 2023, près de 62 % des jeunes de 18 à 24 ans se déclaraient sans partenaire, un chiffre en hausse par rapport aux 50 % observés en 2013.

Cette tendance n’est pas exclusive à la Suisse, mais fait écho à un phénomène mondial, où la vie en solo se généralise, notamment dans les pays développés. Cette évolution soulève des questions sur les causes profondes de ce phénomène, qui sont multiples et complexes. 

L’émancipation des femmes et les nouvelles attentes relationnelles

L’un des facteurs clés expliquant l’augmentation du célibat chez les jeunes Suisses est l’émancipation des femmes. Selon les sociologues Ursina Kuhn et Valérie-Anne Ryser, les jeunes femmes ne sont plus prêtes à accepter des relations qui ne respectent pas leurs aspirations et leurs exigences personnelles, révèle le média 24 Heures. Le rôle de la femme dans la société a profondément évolué, et ce changement se reflète dans les attentes vis-à-vis des partenaires. En 2024, les femmes entre 25 et 34 ans sont plus diplômées que leurs homologues masculins, une évolution qui a une influence directe sur les relations amoureuses. En effet, les femmes plus instruites ont souvent des attentes plus élevées en matière de partenaires, notamment en termes de compatibilité intellectuelle et professionnelle.

De plus, les normes sociales ont évolué, et la pression pour se mettre en couple s’estompe. Là où, autrefois, les jeunes adultes étaient fortement influencés par des conventions sociales qui prônaient le mariage ou la cohabitation dès un certain âge, les générations actuelles accordent davantage de valeur à l’indépendance personnelle. La sociologue Elodie Gentina souligne que les décisions en matière de relation sont désormais plus personnelles et moins dictées par des attentes sociales ou familiales. Pour beaucoup de jeunes femmes, comme le témoignent des exemples de la vie réelle, l’isolement n’est plus perçu comme une situation à fuir, mais comme une forme d’accomplissement personnel.

Les défis liés à l’écart de genre et l’impact des technologies

Un autre facteur majeur contribuant au célibat des jeunes adultes en Suisse est l’écart de genre croissant, en particulier en termes de niveau de formation et de valeurs politiques. Les femmes, qui sont désormais plus souvent diplômées que les hommes, rencontrent des difficultés à trouver des partenaires partageant leurs aspirations et leurs valeurs. Les sociologues notent également que les jeunes hommes et les jeunes femmes ont des divergences politiques marquées, avec les hommes ayant tendance à se situer à droite de l’échiquier politique, tandis que les femmes se positionnent davantage à gauche. Cette différence d’opinions et de valeurs complique la mise en couple et a pour effet d’accentuer le célibat chez les jeunes adultes.

Les nouvelles technologies, et plus particulièrement les applications de rencontres, jouent également un rôle important dans ce phénomène. Bien qu’elles offrent un large éventail de choix, elles engendrent souvent des attentes irréalistes et fragilisent l’engagement. Le sociologue français Julien Damon souligne que ces plateformes numériques peuvent créer un phénomène de « paradoxe du choix », où une multitude d’options rend la recherche de la « bonne » personne plus complexe. De plus, l’utilisation de ces technologies peut nuire aux compétences sociales, rendant les jeunes adultes moins enclins à s’engager dans des relations durables. Les applications de rencontres permettent de « changer de partenaire » facilement, ce qui réduit l’envie de s’investir pleinement dans une relation. Ce phénomène de « dating fatigue », évoqué par certains sociologues, reflète le désenchantement croissant des jeunes face à des relations qui semblent de plus en plus superficielles.

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