Les jeunes renoncent de plus en plus à fonder une famille, une chute de fécondité alarmante en Suisse

La baisse de la fécondité en Suisse, couplée à un désir d’enfants en déclin, pose des défis significatifs pour le pays.

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Suisse
Les jeunes renoncent de plus en plus à fonder une famille, une chute de fécondité alarmante en Suisse : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La Suisse connaît une baisse continue de sa fécondité, un phénomène qui soulève des questions importantes sur l’avenir démographique et économique du pays. En 2024, le nombre moyen d’enfants par femme a atteint un niveau historiquement bas, à 1,29, bien en dessous du seuil de remplacement des générations. 

Parallèlement, le désir d’avoir des enfants diminue, un constat qui a des répercussions sociales et économiques. Ce phénomène met en lumière des facteurs complexes, à la fois individuels et sociétaux, qui influencent ces choix de vie.

La baisse de la fécondité : un constat alarmant

En 2024, la Suisse a atteint un chiffre inédit : la fécondité moyenne s’élève à seulement 1,29 enfant par femme. Ce niveau est le plus bas depuis que les relevés statistiques sont réalisés. Le seuil de remplacement des générations, estimé à 2,1 enfants par femme, est donc largement souscrit. Cette diminution de la fécondité est une tendance qui se confirme depuis plusieurs années, bien que certaines générations aient pu maintenir des niveaux plus élevés par le passé.

L’un des éléments importants à considérer est l’évolution du désir d’enfants au sein de la population suisse. Selon les données de l’Office fédéral de la statistique, la part des jeunes adultes souhaitant ne pas avoir d’enfants a augmenté de manière significative. Chez les 20-29 ans, la proportion est passée de 6% en 2013 à 17% en 2023. Un phénomène similaire est observé chez les 30-39 ans, où ce taux a grimpé de 9% à 16% au cours de la même période. Cette tendance montre que la décision d’avoir des enfants n’est plus systématiquement perçue comme une priorité dans la vie des jeunes générations, et que de nouveaux choix de vie émergent.

Les causes de cette baisse sont multiples et incluent des facteurs socio-économiques et culturels. L’un des éléments les plus fréquemment cités est la situation professionnelle instable, en particulier chez les jeunes adultes, qui hésitent à fonder une famille en raison des incertitudes économiques. Le coût de la vie, l’immobilier et les préoccupations liées à l’éducation des enfants figurent également parmi les principaux obstacles. De plus, le manque de conciliation entre vie professionnelle et familiale reste un frein important pour beaucoup de femmes, malgré les efforts pour améliorer la parité dans la gestion des tâches domestiques et familiales.

L’évolution du désir d’enfants et ses conséquences

Le désir d’enfants en Suisse connaît également une évolution importante, qui n’est pas sans conséquence pour le pays. Si la majorité des Suisses et Suissesses souhaitent encore avoir des enfants, il est désormais de plus en plus courant que ce désir ne se traduise pas systématiquement par la naissance de plusieurs enfants. En effet, bien que le désir de deux enfants reste le plus répandu, les naissances de troisième enfant ont diminué de manière significative, avec une baisse de 13,6% entre 2019 et 2024.

L’une des raisons de cette diminution des naissances de troisième enfant pourrait être liée à l’évolution des priorités des jeunes couples. Les générations actuelles privilégient davantage l’épanouissement personnel et professionnel, et certaines femmes choisissent de repousser la maternité à des âges plus avancés, voire de renoncer à avoir un enfant supplémentaire. L’âge moyen des mères à la première naissance en Suisse est passé à 31,3 ans en 2024, une tendance qui reflète cette évolution des priorités.

En outre, la Suisse a connu une augmentation du nombre de naissances tardives, ce qui a des répercussions sur la structure démographique du pays. Si ces naissances tardives permettent à certaines familles de mieux se préparer avant d’avoir des enfants, elles sont aussi associées à des risques pour la santé de la mère et de l’enfant. Cela souligne la complexité du phénomène : bien que la baisse de la fécondité soit en grande partie le reflet de choix individuels, elle a également des impacts sur les politiques publiques, en particulier en matière de soutien aux familles et d’organisation du travail.

Les autorités suisses devront ainsi réévaluer les politiques sociales et économiques pour encourager la natalité et soutenir les jeunes parents dans leur choix de fonder une famille. Des politiques plus efficaces de conciliation entre vie professionnelle et familiale, ainsi qu’un meilleur soutien financier aux familles, pourraient être des leviers essentiels pour inverser cette tendance.

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