Au fil des années, de plus en plus de cabinets médicaux en Suisse sont rachetés par des investisseurs étrangers, entraînant une transformation significative du paysage de la santé.
Ce phénomène touche en particulier les spécialités jugées lucratives, telles que l’ophtalmologie, l’urologie ou la radiologie. Selon la Fédération des médecins suisses (FMH), 40% des cabinets de radiologie sont désormais sous gestion d’investisseurs privés, une tendance qui s’est rapidement propagée à d’autres domaines.
Des chaînes privées telles que Vista, Ono, Pallas, Sanoptis ou Gutblick gèrent désormais un grand nombre de centres médicaux à travers le pays, avec des objectifs clairement orientés vers la rentabilité, au détriment, selon certains critiques, de la qualité des soins.
Une recherche de profit qui affecte les soins
La quête de rentabilité des investisseurs étrangers suscite des inquiétudes parmi les professionnels de santé traditionnels. Un témoignage d’une ophtalmologue, recueilli par le Beobachter, rapporte des pressions pour « bâcler » les consultations et augmenter le nombre de patients traités en un temps limité.
Ce phénomène est d’autant plus problématique que, selon des médecins spécialisés, des traitements non nécessaires pourraient être prescrits pour accroître les bénéfices des établissements.
Dans le secteur de l’ophtalmologie, des pressions économiques influenceraient la décision de recourir à des interventions chirurgicales, ce qui soulève la question de l’éthique et de la qualité des soins dispensés aux patients.
La position des acteurs politiques face à l’influence des investisseurs
L’influence grandissante des investisseurs étrangers dans les cabinets médicaux ne fait pas l’unanimité en Suisse. Tandis que certains, comme le conseiller national de l’UDC Thomas de Courten, soutiennent cette évolution pour la modernisation des cabinets et l’amélioration des conditions de travail des médecins, d’autres, comme le Parti socialiste et les Verts, sont fermement opposés à cette logique de rentabilité dans un domaine aussi sensible que la santé.
Ils considèrent que la recherche de profit ne doit pas interférer avec la mission de soin, qui doit rester au service des assurés. Ce débat, encore en phase embryonnaire en Suisse, s’est déjà intensifié en Allemagne, où des propositions législatives ont été avancées pour interdire de telles pratiques dans les cabinets médicaux.








