L’initiative Boussole propose une taxe sur les immigrés pour financer les infrastructures suisses

L’initiative Boussole / Europe propose un référendum obligatoire pour les accords avec l’UE et repense la libre circulation des personnes en Suisse.

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Initiative Boussole
L'initiative Boussole propose une taxe sur les immigrés pour financer les infrastructures suisses - © Keystone

L’alliance Boussole / Europe entend soumettre une initiative avant l’été pour rendre obligatoire un référendum, avec une majorité cantonale, sur les nouveaux accords entre la Suisse et l’Union européenne. Ce projet met en cause l’intégration institutionnelle avec l’UE et entend réexaminer la libre circulation des personnes, qu’elle considère mal adaptée aux besoins du marché suisse.

En Suisse, le débat autour des accords bilatéraux avec l’UE s’intensifie. L’initiative Boussole / Europe, qui a déjà recueilli 80 000 signatures, plaide pour une réforme en profondeur des relations entre les deux parties.

Le comité de cette initiative met particulièrement en lumière les tensions sur l’intégration européenne et l’impact des politiques européennes sur la souveraineté suisse. L’idée d’un référendum obligatoire chaque fois qu’un nouvel accord avec l’UE est proposé prend de plus en plus de consistance, rapporte Watson.

Un référendum obligatoire pour les accords avec l’UE

L’initiative Boussole / Europe exige que les nouveaux accords conclus avec l’Union européenne soient soumis à un référendum obligatoire. Selon Philip Erzinger, directeur général de l’organisation, l’intégration institutionnelle, qui inclut l’adoption dynamique des lois et l’interprétation contraignante des décisions de la Cour de justice de l’UE, représente une « ingérence majeure » dans les processus politiques suisses.

L’initiative, soutenue par des figures influentes comme Philip Erzinger, considère que l’accord-cadre actuel avec l’UE porte atteinte à l’autonomie politique de la Suisse. Le comité insiste donc sur la nécessité de soumettre toute nouvelle entente à un référendum populaire, validé à la fois par le peuple et les cantons.

Si le référendum aboutit à un soutien populaire et cantonal pour ces nouveaux accords, l’initiative de Boussole / Europe se retire, soulignant ainsi sa volonté d’agir uniquement si la volonté démocratique est respectée. Ce processus vise à renforcer la démocratie directe et à limiter ce que l’initiative perçoit comme des pressions extérieures de l’UE sur les institutions suisses.

La libre circulation des personnes, un système à revoir

En plus de son initiative sur les référendums, l’alliance Boussole / Europe prépare un projet plus ambitieux : revoir la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne. Bien que le comité soutienne toujours ce principe fondamental, il estime qu’un modèle alternatif devrait être exploré, plus adapté au marché suisse.

Alfred Gantner, cofondateur du comité et entrepreneur, a expliqué que chaque année, 80 000 immigrants en provenance de l’UE arrivent en Suisse, ce qui représente une pression considérable sur les infrastructures et les finances publiques. Dans ce contexte, l’initiative propose un mécanisme de marché qui permettrait aux immigrants de participer au financement des coûts générés par leur arrivée.

Ce modèle alternatif serait centré sur un système plus flexible et plus efficace pour répondre aux besoins spécifiques du pays, tout en veillant à ce que les immigrés contribuent à l’économie locale. Selon Alfred Gantner, « cette immigration devrait également participer au financement des infrastructures », un changement qui viserait à alléger la pression sur les finances publiques et à mieux adapter l’immigration aux besoins du marché suisse.

Une nouvelle approche des relations entre la Suisse et l’UE

L’initiative Boussole / Europe s’attaque ainsi à l’un des principes fondamentaux de la relation entre la Suisse et l’UE : la libre circulation des personnes. Ce sujet est particulièrement sensible, car il est perçu par les partisans de l’initiative comme une menace pour la souveraineté suisse. Les défenseurs de l’initiative estiment que la Suisse se trouve sous l’influence de l’UE et que certaines de ses politiques ne sont plus compatibles avec les intérêts du pays. Selon l’organisation, l’UE ne fermera pas ses frontières à ses travailleurs qualifiés, mais elle devrait prendre en compte les spécificités du marché suisse.

Dans les mois à venir, Boussole / Europe prévoit de travailler avec un professeur d’université pour développer ce nouveau modèle de libre circulation, plus aligné avec les besoins économiques et les capacités d’accueil du pays. Le mouvement cherche à proposer une alternative qui rééquilibre les relations avec l’UE et qui respecte davantage la volonté populaire et cantonale.

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