L’initiative populaire Boussole, visant à soumettre à un référendum populaire l’accord entre la Suisse et l’Union européenne (UE), pourrait être déposée avant l’été 2025. Le comité a déjà récolté plus de 80 000 signatures, et la pression monte sur le Conseil fédéral pour qu’il accepte un référendum obligatoire sur ce paquet d’accords.
La Suisse, qui entretient des relations complexes avec l’UE, pourrait se retrouver confrontée à une situation inédite si cette initiative aboutit. La possibilité d’un référendum sur les accords UE, si l’initiative Boussole est déposée, soulève des questions cruciales sur l’avenir des relations entre la Suisse et l’Union européenne. En dépit du soutien populaire croissant, l’initiative rencontre une résistance politique importante, rapporte Blick.
L’initiative Boussole : défendre la démocratie directe
L’initiative Boussole a pour objectif de renforcer la démocratie directe en Suisse en soumettant tous les accords internationaux qui impliquent une reprise dynamique du droit européen à un référendum obligatoire.
Selon les initiants, cette démarche vise à protéger la souveraineté nationale et à éviter que la Suisse ne devienne un membre passif de l’UE. Ce projet a été lancé en septembre 2024 par un groupe largement composé de membres du PLR, de l’UDC et du monde économique.
L’objectif est de garantir que le peuple suisse, ainsi que les cantons, aient un pouvoir décisionnel sur les accords qui affectent la législation nationale, en particulier dans des domaines sensibles comme le droit du travail ou les questions économiques.
Le texte veut donc éviter toute intégration non contrôlée dans l’Union européenne, un point fondamental pour ceux qui redoutent une perte de contrôle de la Suisse sur ses propres règles.
Une collecte de signatures réussie mais une pression politique croissante
Les initiants de l’initiative Boussole ont rapidement récolté plus de 80 000 signatures, soit plus de 80 % de l’objectif des 100 000 nécessaires pour déposer l’initiative avant la fin de l’année. Cette mobilisation est un signe de l’engouement populaire pour cette cause, malgré les critiques des autorités et de certains partis politiques.
Le directeur de l’Alliance Boussole, Philip Erzinger, a déclaré lors d’une conférence de presse à Berne que si le gouvernement suisse acceptait un référendum obligatoire sur le paquet d’accords avec l’UE, le comité serait prêt à retirer son texte. En revanche, en l’absence de cette acceptation, les initiants mettraient en place une campagne « puissante » pour défendre leur cause.
Cette avancée dans la collecte des signatures met une pression considérable sur le gouvernement suisse, qui doit désormais prendre une décision sur la manière de procéder avec les accords bilatéraux entre la Suisse et l’Union européenne. Un refus d’accepter le référendum obligatoire pourrait entraîner un débat politique intense et remettre en cause la légitimité de l’accord dans l’opinion publique.
L’opposition au paquet d’accords : alternatives possibles
L’initiative Boussole s’oppose directement au paquet d’accords que la Suisse a négocié avec l’Union européenne, notamment en matière de droit européen et de jurisprudence de la Cour de justice de l’UE.
Les initiants estiment qu’une intégration dynamique du droit européen reviendrait à un rattachement de fait à l’UE, ce qu’ils jugent incompatible avec la souveraineté nationale et la démocratie directe, valeurs fondamentales pour la Suisse.
Ils soulignent aussi que le pays pourrait trouver des alternatives aux relations bilatérales actuelles tout en préservant son attractivité économique, notamment dans des secteurs stratégiques comme l’énergie et les technologies médicales.
Les initiants affirment qu’il existe des solutions pour maintenir la compétitivité du pays sans céder à une forme d’adhésion « passive » à l’UE. Ces alternatives, selon eux, peuvent passer par des accords bilatéraux sur des sujets spécifiques, comme le marché de l’électricité ou la coopération dans les sciences et technologies, permettant ainsi à la Suisse de rester compétitive sans perdre de sa souveraineté.








