Inégalités salariales : Ce canton refuse de revaloriser les métiers dits « féminins »

Le rejet par le Grand Conseil d’un postulat sur la valorisation des métiers féminins souligne les résistances à l’égalité salariale et aux réformes nécessaires dans ce canton.

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Métiers féminins
Inégalités salariales : Ce canton refuse de revaloriser les métiers dits « féminins » : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le Grand Conseil valaisan a pris une décision qui a fait réagir ce jeudi : il a rejeté un postulat visant à valoriser les métiers dits « féminins », ceux qui comptent une forte proportion de femmes, mais sont souvent mal rémunérés et peu reconnus. Le texte, porté par quatre élues socialistes, proposait que le Conseil d’État mène une étude approfondie sur les salaires et les conditions de travail dans ces professions. 

La demande de mesures concrètes pour améliorer la situation des travailleuses dans des secteurs comme les soins, l’assistance, la formation et le nettoyage n’a pas convaincu la majorité des députés. Cette décision met en lumière une problématique structurelle de dévalorisation des métiers à majorité féminine, qui continue de diviser l’opinion publique et politique.

Un rejet qui met en lumière les inégalités persistantes

Le postulat rejeté par le Grand Conseil valaisan dénonçait les bas salaires et le manque de reconnaissance sociale des métiers principalement occupés par des femmes. Le texte stipulait que de nombreuses vendeuses, coiffeuses, assistantes en pharmacie, boulangères et employées de service touchent un salaire inférieur à 5000 francs, malgré des qualifications et des responsabilités importantes. La situation est similaire dans des professions comme celles des assistantes socio-éducatives, qui ont suivi une formation de trois ans. Ces métiers sont souvent considérés comme « féminins » en raison de la forte proportion de femmes qui les exercent, mais ils sont également caractérisés par une dévalorisation salariale et un manque de perspectives de carrière.

Le postulat demandait spécifiquement au Conseil d’État valaisan de lancer une étude sur ces professions et de rechercher des solutions concrètes pour améliorer leur reconnaissance et revaloriser les salaires, en collaboration avec les partenaires sociaux. Il proposait également que le canton prenne des mesures pour limiter les écarts salariaux entre hommes et femmes, en particulier dans des secteurs où l’écart reste élevé, malgré des années de réformes.

Cependant, 88 députés ont voté contre, contre 34 pour et 3 abstentions. Cette décision montre la réticence du parlement à s’engager sur cette voie, malgré le soutien de la gauche et du parti neo – Die sozialliberale Mitte. Les arguments avancés par les opposants à ce postulat n’ont pas remis en question l’importance de ces métiers, mais ont plutôt porté sur la question du rôle du gouvernement dans la valorisation de ces professions. Selon certains députés, les faîtières (organisations professionnelles) sont mieux placées pour porter ces revendications, car elles connaissent mieux les réalités du terrain et les conventions collectives propres à chaque secteur, indique Blick. Ils ont souligné que l’intervention du gouvernement pourrait être contre-productive, en retardant des actions plus concrètes.

Un problème structurel difficile à résoudre

Le rejet du postulat souligne une problématique plus vaste : celle des inégalités salariales persistantes entre hommes et femmes. Silvia Eyer, une des élues socialistes à l’origine du postulat, a souligné que l’écart salarial reste un problème structurel qui persiste malgré les efforts réalisés pour l’égalité salariale. Selon elle, ces inégalités sont renforcées par la surreprésentation des femmes dans les emplois à temps partiel, souvent dans des secteurs où les salaires sont plus faibles. Eyer a insisté sur le fait que ces inégalités sont le résultat de lois et de pratiques inefficaces, et qu’il est de la responsabilité du gouvernement d’agir pour garantir l’égalité des chances pour tous les travailleurs, quel que soit leur sexe.

Le Centre et d’autres opposants au postulat ont estimé que les réalités sont trop diverses pour justifier une étude cantonale supplémentaire. Ils ont défendu l’idée que des organisations professionnelles mieux établies peuvent défendre les droits des travailleurs dans ces secteurs de manière plus efficace, en travaillant avec les conventions collectives et les acteurs du terrain. Graziella Collenberg (neo) a également exprimé des réserves sur le fait que des études supplémentaires ne feraient qu’retarder les actions concrètes nécessaires pour améliorer la situation des travailleuses dans ces secteurs.

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