Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) traverse une crise majeure liée à un dysfonctionnement informatique qui empêche le versement des indemnités de chômage. Depuis le début du mois de janvier 2026, près de 15’000 Suisses se retrouvent sans les paiements qui leur sont dus.
Un bug informatique majeur a bloqué environ 75 millions de francs destinés à ces indemnités, ce qui a plongé de nombreuses familles dans une précarité financière inédite. Les autorités suisses, malgré leurs efforts pour résoudre la situation, estiment que ce problème pourrait durer plusieurs mois avant d’être complètement réglé.
Un bug informatique majeur bloque 75 millions de francs
Le SECO a révélé que le blocage des indemnités était dû à des problèmes techniques rencontrés lors de la transition vers un nouveau système informatique de paiement, l’ASAL 2.0, lancé au début de l’année 2026. Ce système, qui a coûté près de 200 millions de francs et a été développé sur plus de dix ans, avait pour but de moderniser et d’accélérer les paiements des indemnités chômage. Cependant, la mise en place de cette nouvelle technologie a mal tourné. Le 5 février 2026, le SECO a estimé à près de 75 millions de francs les paiements en suspens, affectant environ 15’000 personnes, selon une estimation basée sur le salaire médian en Suisse.
Le SECO a reconnu que certains risques avaient été mal anticipés lors du développement du projet. Jérôme Cosandey, chef de la Direction du travail au SECO, a admis que des erreurs d’évaluation avaient conduit à ce blocage, indique Blick. Si le nombre exact de personnes touchées par ce retard reste difficile à chiffrer, les responsables estiment que ce chiffre pourrait être bien plus élevé en raison des changements dans les situations professionnelles de certains chômeurs, notamment ceux ayant basculé d’emplois à temps partiel vers le chômage. La situation a engendré de lourdes conséquences financières, certaines personnes se retrouvant incapables de régler des dépenses courantes comme leur loyer.
Les responsables du SECO soulignent que les mesures de dépannage mises en place jusqu’à présent n’ont pas permis de remédier à la situation de manière rapide. Bien que les paiements soient désormais effectués avec un à trois jours de retard pour les bénéficiaires d’allocations déjà en cours, le retard global persiste, et l’administration n’est pas en mesure de fournir une estimation précise de la durée nécessaire pour résoudre entièrement la crise. Les autorités suisses, bien qu’elles se soient engagées à rattraper le retard accumulé, n’ont pas pu garantir que les paiements seraient à jour avant plusieurs mois.
Un impact direct sur les ménages suisses
Les conséquences humaines de ce retard sont particulièrement lourdes. Pour de nombreuses personnes en situation de chômage, les indemnités sont essentielles pour subvenir à leurs besoins quotidiens. L’incapacité de recevoir ces paiements dans les délais a plongé de nombreux foyers dans des difficultés financières, avec des impacts directs sur leur pouvoir d’achat. En particulier, des chômeurs ont signalé des retards dans le paiement de leur loyer et de leurs factures, augmentant la pression sur les services sociaux et créant une situation de stress considérable pour les personnes concernées.
Jérôme Cosandey a exprimé ses regrets en soulignant que cette situation lourde affecte directement la vie de nombreux chômeurs et que l’objectif était désormais de résoudre le problème le plus rapidement possible, même si aucune date précise n’a été avancée. Le SECO et les caisses de chômage sont en train de mobiliser des ressources supplémentaires pour tenter de rattraper ce retard. À court terme, des efforts sont faits pour accélérer les paiements, tandis qu’à plus long terme, des investissements dans des serveurs supplémentaires et une mise à jour du support informatique devraient permettre d’améliorer les performances du système.
Cependant, cette crise souligne un problème plus large : les difficultés des administrations publiques à déployer des systèmes numériques complexes et à garantir leur bon fonctionnement dans un domaine aussi sensible que le chômage. Ce bug majeur du SECO pose des questions sur la gestion de projets informatiques d’envergure et sur les risques associés à la transition numérique dans des secteurs aussi importants que l’assurance chômage.








