Les hausses de salaires seront plus faibles en 2026 selon UBS, voici les secteurs qui seront les plus touchés

Les hausses salariales en Suisse seront limitées en 2026, avec des secteurs comme l’horlogerie souffrant des effets des tensions commerciales et de la faible demande.

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Les hausses de salaires seront plus faibles en 2026 selon UBS, voici les secteurs qui seront les plus touchés : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

Les perspectives salariales en Suisse pour 2026 s’annoncent limitées, selon les dernières prévisions d’UBS. Le climat économique, marqué par une faible inflation et des tensions commerciales croissantes, exerce une pression sur les entreprises et leur capacité à augmenter les salaires. 

En conséquence, les hausses salariales devraient se maintenir, mais à des niveaux bien plus modestes que ceux observés ces dernières années. Les secteurs les plus exposés aux fluctuations économiques mondiales, comme l’horlogerie et le commerce de détail, seront particulièrement touchés par cette dynamique.

Un environnement économique contraignant pour les hausses salariales

L’une des principales raisons expliquant la faiblesse des prévisions salariales en 2026 réside dans un environnement économique difficile, caractérisé par une inflation modérée et des barrières commerciales croissantes. Selon l’enquête annuelle menée par UBS, les hausses salariales devraient se limiter à environ 1 % en moyenne, contre 1,4 % en 2025. Ce ralentissement est principalement dû à une faible inflation, qui réduit la pression sur les entreprises pour ajuster les salaires au coût de la vie. Par ailleurs, les barrières commerciales, notamment les droits de douane américains, nuisent à la compétitivité de plusieurs secteurs suisses, restreignant ainsi la capacité des entreprises à offrir des augmentations salariales plus élevées.

Les entreprises exportatrices, confrontées à des marges de manœuvre réduites, devront composer avec des coûts de production plus élevés et des incertitudes géopolitiques. Par exemple, les secteurs dépendant de l’exportation, comme la métallurgie, le tourisme et la construction, risquent de voir des augmentations salariales réelles limitées à 0,2 %, tandis que les entreprises orientées vers le marché domestique devraient accorder des augmentations réelles autour de 0,5 %. L’impact de cette évolution économique sera ressenti particulièrement dans les secteurs les plus exposés aux fluctuations mondiales, où les entreprises se concentreront sur la rentabilité à court terme plutôt que sur des augmentations salariales substantielles.

Dans ce contexte, l’inflation anémique, qui se stabilise autour de 0,5 % pour 2026 après un taux de 1,2 % en 2025, contribue à modérer les augmentations salariales réelles. Les salariés devront donc faire face à une érosion de leur pouvoir d’achat, bien que les hausses nominales puissent rester stables. La modération salariale pourrait également s’expliquer par un climat d’incertitude économique qui incite les employeurs à privilégier une gestion prudente des coûts plutôt que d’accorder des hausses salariales importantes.

Disparités sectorielles dans les prévisions salariales

Tous les secteurs économiques ne seront pas affectés de manière égale par cette situation. Certains secteurs, comme l’informatique et les télécommunications, bénéficieront de hausses salariales plus élevées que la moyenne. Ces secteurs connaissent une demande continue pour des compétences spécialisées, ce qui leur permet de proposer des augmentations salariales plus généreuses, estimées à 1,7 % en 2026. Les entreprises de ces secteurs sont moins touchées par les barrières commerciales et continuent de tirer parti de la transformation numérique, ce qui leur confère une plus grande flexibilité salariale.

Cependant, d’autres secteurs, en particulier l’horlogerie et la bijouterie, devront faire face à des augmentations beaucoup plus faibles, estimées à seulement 0,4 %. Selon James Mazeau, économiste chez UBS, ces secteurs souffrent des droits de douane imposés par les États-Unis et de la faiblesse de la demande en Asie, particulièrement en Chine, qui est un marché clé pour l’exportation des produits suisses, relate Blick. Cette situation pourrait aggraver les difficultés des entreprises horlogères, qui doivent déjà faire face à une concurrence accrue et à des coûts de production en hausse.

Dans la métallurgie, la construction et le commerce de détail, les hausses salariales devraient se rapprocher de la moyenne nationale, soit autour de 1 %. Ces secteurs sont globalement plus stables, mais restent néanmoins influencés par les conditions économiques globales et les fluctuations des marchés internationaux. En revanche, les entreprises qui dépendent du marché interne bénéficieront d’une certaine stabilité, bien que leurs hausses salariales restent limitées par la faible inflation et les marges de profit plus faibles.

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