À l’écart des fluctuations boursières, un segment de l’investissement continue de séduire : les pièces de collection. Alimenté par la rareté des exemplaires, le prestige historique et la solidité des métaux précieux, ce marché discret affiche des performances bien supérieures à celles des indices traditionnels.
Le Numindex, un indice qui mesure la valeur de 30 pièces de collection européennes, en est devenu l’indicateur de référence. Il illustre le décalage croissant entre les actifs physiques de valeur et les titres financiers classiques.
Une croissance constante depuis 2017
Le Numindex regroupe des monnaies emblématiques et accessibles, dont plusieurs pièces suisses comme le Vreneli en or de 10 francs (1911) et la pièce de 5 francs en argent (1922). Il exclut volontairement les pièces rares comme le Vreneli en or de 100 francs de 1925, pour rester représentatif d’un marché plus large et compréhensible. Ce choix méthodologique, revendiqué par son concepteur Michael Zagorowski, assure à l’indice une pertinence tant pour les investisseurs que pour les collectionneurs.
Au 13 août 2025, l’indice atteignait 1562,3 points, indique Blick. Cela correspond à une hausse de 8,5 % depuis janvier et de 12 % sur un an. Par comparaison, le Swiss Market Index (SMI) n’a progressé que de 3,3 % sur la même période, et le Swiss Performance Index (SPI) de 7,8 %. Depuis sa création en 2017, le Numindex a grimpé de 56 %, malgré des fluctuations marquées comme en décembre 2018 (910 points) ou en mai 2022 (1908 points).
La rareté croissante de certaines pièces stimule les prix. Le Vreneli en or de 10 francs, composé à 90 % d’or et pesant 3,2 grammes, se négocie aujourd’hui autour de 496 francs, contre 295 francs en 2019. Ce montant dépasse de 244 francs la simple valeur de son métal. Quant à la pièce de 5 francs en argent de 1922, elle atteint 262 francs, après avoir culminé à 400 francs en mai 2024. Même les pièces en qualité intermédiaire trouvent preneur, signe d’un marché dynamique où la rareté pèse plus que la perfection de l’état de conservation.
Un marché tangible dans un climat incertain
Le succès du Numindex repose sur plusieurs facteurs durables. Tout d’abord, l’attrait croissant des métaux précieux, notamment l’or, renforcé par les achats massifs des banques centrales et la persistance de taux d’intérêt bas. Ensuite, la faible volatilité des pièces de collection comparée aux actions. Enfin, l’intérêt historique et symbolique de ces objets, qui leur confère une double valeur, financière et patrimoniale.
Selon Michael Zagorowski, les pièces constituent un placement perçu comme « sûr » dans un environnement économique instable. Le fait qu’aucune nouvelle frappe ne vienne élargir l’offre garantit la stabilité de ces actifs. Les collectionneurs se tournent désormais vers des pièces en qualité « excellente » ou « très bonne », voire inférieure, ce qui contribue à soutenir les prix de marché.
L’absence actuelle d’un produit financier répliquant le Numindex limite encore son accessibilité. Pourtant, l’idée d’un instrument d’investissement combinant valeur métallique et prime numismatique fait son chemin. Ce projet pourrait rendre les placements en pièces de collection plus simples à intégrer dans des portefeuilles diversifiés, sans nécessiter une expertise approfondie du marché numismatique.








