Lors de l’attaque militaire israélienne sur l’Iran, les marchés ont réagi immédiatement avec une hausse de 10 % du prix du baril de pétrole brut. Ce type de réaction est devenu une réponse courante dans les milieux financiers face à des événements géopolitiques de cette envergure.
Toutefois, l’impact sur les prix à la pompe en Suisse sera limité par plusieurs facteurs. Selon Claude Jubin, directeur des achats du réseau de stations-service Jubin Frères, la hausse des prix à l’approvisionnement en gros est de l’ordre de 4 à 5 centimes le litre.
Cette augmentation sera réduite en raison de la légère appréciation du franc suisse face au dollar et des tarifs de transport actuellement bas sur le Rhin. Au final, les consommateurs devraient constater une hausse de 2 à 3 centimes le litre au début de la semaine prochaine, dans la plupart des réseaux de distribution, relate la Tribune de Genève.
Un contexte différent de 1973
Le retour à une crise pétrolière similaire à celle de 1973 semble peu probable. À l’époque, l’embargo pétrolier des pays arabes, en réponse au soutien des États-Unis à Israël pendant la guerre du Kippour, avait provoqué une flambée des prix du pétrole, qui avaient quadruplé en quelques mois.
Aujourd’hui, le marché est moins vulnérable à de telles hausses. John Kemp, expert des marchés de l’énergie, précise que la menace iranienne d’attaquer le trafic des supertankers dans le détroit d’Ormuz, bien que présente, a de moins en moins de crédibilité.
Selon lui, une telle escalade risquerait de mener à un conflit ouvert avec les États-Unis, une issue que le gouvernement iranien semble vouloir éviter à tout prix, étant davantage concentré sur sa survie politique interne.
Pas de réplique à la flambée de 2022-2023
Les experts s’accordent à dire que cette situation ne ressemble pas à celle de 2022-2023, où les prix de l’essence avaient atteint près de 2 francs le litre après le déclenchement de la guerre en Ukraine.
Le responsable des achats du réseau Jubin Frères indique qu’une légère hausse est à prévoir, mais sans atteindre des niveaux similaires à ceux observés au début de la guerre en Ukraine. Selon lui, les prix devraient se stabiliser autour de 1,65 franc le litre, avec une reprise haussière modérée dans les semaines à venir. Toutefois, l’évolution future dépendra de l’intensité du conflit dans le Golfe Persique et des réponses politiques à venir.








