Dans le canton de Genève, les autorités lancent un projet ambitieux pour réduire la consommation de mazout et favoriser l’utilisation d’énergies renouvelables locales. Ce projet consiste à mettre en place des réseaux thermiques structurants qui relieront divers bâtiments du centre-ville aux infrastructures de chauffage et de refroidissement à distance. Ces réseaux utiliseront la chaleur des usines d’incinération et l’eau du lac Léman pour alimenter les bâtiments en chauffage ou en refroidissement.
Cette initiative vise à atteindre un objectif de 80 % d’énergie renouvelable et locale d’ici 2050. Antonio Hodgers, conseiller d’État, a souligné l’importance de ce projet en déclarant qu’il permettrait à Genève de « s’acheter son indépendance énergétique ». Ce chantier d’envergure nécessitera un investissement de près de 1,5 milliard de francs d’ici 2030, un montant important qui soulève déjà des questions sur sa gestion et son financement, rapporte RTS.
Des prix de plus en plus contestés
Le projet a rapidement attiré l’attention sur la question des tarifs à appliquer pour cette nouvelle source d’énergie. Selon les prévisions, les tarifs de chauffage à distance pourraient être parmi les plus élevés de Suisse, ce qui soulève des préoccupations au sein de la population genevoise. Le Surveillant fédéral des prix a alerté sur le fait que ces tarifs risquent d’être particulièrement coûteux pour les consommateurs.
Face à cette situation, le Parti libéral-radical (PLR) a déposé une motion au Grand Conseil pour revoir ces tarifs et les réduire. Adrien Genecand, député libéral-radical, a exprimé son point de vue en affirmant qu’il fallait « revenir à une pratique un peu plus raisonnable » et que les Services industriels de Genève (SIG) ne devraient pas chercher à obtenir une rentabilité excessive.
Du côté des autorités, on défend l’idée que cette énergie plus verte et locale justifie une légère augmentation des prix. Le Conseil d’État estime que les coûts de cette nouvelle énergie pourraient être de 10 à 20 % plus chers que les énergies fossiles, mais il considère ce supplément comme un prix à payer pour une transition énergétique plus respectueuse de l’environnement.
Un modèle pour l’avenir énergétique de la ville
Le projet de chauffage à distance à Genève s’inscrit dans une démarche plus large de transition énergétique. À l’heure où les enjeux environnementaux sont au cœur des politiques publiques, ce type d’initiative devient une priorité pour de nombreuses villes en Suisse et en Europe. À Genève, ce projet représente un tournant majeur vers un modèle énergétique plus durable, qui pourrait servir de référence dans le futur.
Cependant, comme le souligne le Conseil d’État, la réussite de cette transition dépendra de l’acceptation des citoyens et de la gestion des coûts. Bien que l’ambition écologique soit forte, la question du prix reste un obstacle majeur pour certains ménages. Il est désormais essentiel de trouver un juste équilibre entre développement durable et équité sociale, pour que la transition énergétique bénéficie à tous les Genevois, sans laisser personne de côté.








