Genève face à un exode : 34% des entreprises envisagent de quitter la ville en raison de l’insécurité et des taxes

La compétitivité de Genève est en déclin en raison de problèmes de mobilité, de fiscalité et de sécurité, poussant de nombreuses entreprises à envisager une délocalisation.

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Genève face à un exode : 34% des entreprises envisagent de quitter la ville en raison de l’insécurité et des taxes : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Genève, longtemps considérée comme un centre économique de premier plan en Suisse, traverse actuellement une période de turbulences. Selon une étude de la Fondation pour l’attractivité du canton de Genève (FLAG), de plus en plus d’entreprises expriment leur mécontentement face à des conditions de plus en plus difficiles pour leurs activités. 

La mobilité défaillante, une fiscalité jugée excessive, ainsi que des problèmes de sécurité, constituent les principales préoccupations des entreprises. Une situation qui pousse 34,2 % des entreprises interrogées à envisager une délocalisation de leur siège social. Cette tendance est alarmante et met en lumière l’urgence pour le canton d’agir afin de restaurer son attractivité.

La mobilité : un frein majeur à la compétitivité

L’un des principaux obstacles relevés par les entreprises est la qualité des infrastructures de mobilité. Plus de la moitié des entreprises (54,6 %) expriment leur insatisfaction face aux infrastructures de transport du canton, qui peinent à répondre aux besoins croissants d’une population et d’une économie en pleine expansion. Les routes sont souvent congestionnées, ce qui entraîne des retards et des coûts supplémentaires pour les entreprises. En parallèle, les travaux d’infrastructure, mal coordonnés, aggravent cette situation en perturbant encore davantage la circulation.

De plus, les transports publics ne sont pas à la hauteur des attentes. La saturation des lignes et la lenteur des services rendent les déplacements difficiles et moins efficaces. Ce dysfonctionnement des infrastructures est particulièrement problématique pour les entreprises qui dépendent de la mobilité pour leurs activités quotidiennes. La situation devient d’autant plus inquiétante que Genève, bien que riche d’un environnement économique dynamique, se trouve désormais en concurrence avec d’autres villes internationales qui offrent de meilleures solutions de transport.

Le manque d’investissement dans l’amélioration de la mobilité publique, en particulier dans des solutions innovantes et écologiques, reste un défi crucial. Les entreprises genevoises se retrouvent donc à la croisée des chemins, devant choisir entre rester dans un environnement qui limite leur efficacité ou envisager une délocalisation vers des régions mieux adaptées.

La fiscalité et les obstacles administratifs : un frein à l’investissement

La fiscalité, déjà perçue comme un fardeau pour les entreprises, est un autre facteur clé qui pèse sur la compétitivité de Genève. Selon l’enquête menée par la FLAG, 90 % des dirigeants d’entreprises jugent les impôts trop élevés. Parmi les taxes les plus critiquées, l’impôt sur la fortune et celui sur les outils de travail sont souvent qualifiés de confiscatoires. Ces prélèvements sont considérés comme des freins à l’investissement et à la création de richesse. Les entreprises font notamment part de leur difficulté à se développer dans un cadre fiscal qui décourage l’innovation et l’expansion.

Les entrepreneurs soulignent aussi la complexité et la lenteur des procédures administratives. Les démarches bureaucratiques compliquent l’installation de nouvelles entreprises, retardent les projets et génèrent des coûts supplémentaires. Les entreprises du secteur technologique et des start-ups, particulièrement sensibles à ces problématiques, voient leur potentiel freiné. L’enquête montre également que les dirigeants sont de plus en plus préoccupés par l’instabilité politique, qui rend l’environnement encore moins prévisible et favorable à de nouveaux investissements.

La situation fiscale et administrative actuelle incite donc de nombreuses entreprises à envisager la délocalisation. 29,6 % des entreprises ont déjà été contactées par d’autres cantons ou pays en vue de relocaliser leur siège, Dubaï arrivant en tête des destinations convoitées. Ces tensions fiscales et administratives ont des conséquences directes sur le climat économique du canton, remettant en question sa position de leader en Suisse.

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