La maison avec jardin, symbole de réussite et d’aspiration familiale pendant des décennies, séduit de moins en moins les jeunes de la génération Z. Une récente étude menée par MoneyPark et Helvetia révèle un changement profond dans les préférences résidentielles des 25-30 ans suisses.
Ce désintérêt grandissant pour la villa s’accompagne d’un attrait marqué pour les appartements situés en milieu urbain. Ce glissement des attentes en matière de logement soulève des questions sur les évolutions économiques, sociales et culturelles influençant les choix résidentiels actuels.
Une villa de moins en moins convoitée par les jeunes adultes
Selon les données collectées en 2025 par MoneyPark et Helvetia, seulement 46 % des 25-30 ans espèrent encore posséder un jour une maison individuelle, contre 58 % un an auparavant. Ce recul de 12 points en une année marque une rupture avec les aspirations traditionnelles. Le contexte économique et les réalités du marché immobilier semblent expliquer en grande partie cette évolution. L’accession à la propriété devient de plus en plus difficile, notamment dans les zones urbaines où la demande et les prix sont élevés.
Parallèlement, 34 % des jeunes adultes interrogés déclarent préférer un appartement, soit une progression de 14 points en un an. Cette tendance semble refléter un double phénomène : d’une part, une volonté de vivre en ville, plus en phase avec les modes de vie modernes et l’offre culturelle et professionnelle ; d’autre part, l’adoption de solutions de compromis face à un marché immobilier tendu. Les auteurs de l’étude suggèrent que cette préférence croissante pour les appartements pourrait également traduire une adaptation aux contraintes économiques et à la rareté de l’offre en maisons individuelles abordables.
Une transition générationnelle et géographique dans les préférences
Le phénomène n’est pas cantonné aux plus jeunes. Les seniors de 61 à 65 ans sont également moins nombreux à aspirer à une villa, passant de 47 % à 41 % en un an. Cette convergence générationnelle autour du logement en appartement marque une transformation plus large des priorités résidentielles. Seuls les 31-59 ans conservent une majorité attachée à la maison individuelle.
Le choix du logement est principalement guidé par le prix (61 %), suivi par des critères pratiques et esthétiques comme les extérieurs (50 %), la luminosité (43 %) et la surface (37 %). L’agencement et l’ensoleillement restent aussi des éléments notables, respectivement pour 36 % et 33 % des sondés. Les considérations liées aux bornes de recharge pour voitures électriques (6 %) ou aux aménagements de luxe (3 %) restent très marginales. Les préoccupations écologiques, qui représentaient un facteur de décision plus marqué les années précédentes, ont légèrement reculé (14 %).
En parallèle, les préférences géographiques évoluent également. En 2025, 44 % des Suisses disent vouloir vivre à la campagne, contre 40 % qui y résident effectivement. Cette inclination vers les zones rurales est particulièrement marquée en Suisse romande, où elle progresse sensiblement d’année en année : 39 % en 2023, 44 % en 2024, et 47 % actuellement. Malgré cette tendance, la ville conserve une attractivité certaine, notamment chez les Romands, avec 25 % d’opinions favorables contre 22 % chez les Alémaniques.








