Bilan de la fusion UBS-Credit Suisse : Les succursales bancaires sont en voie de disparition, quel impact pour les clients ?

La fusion UBS-Credit Suisse marque un tournant décisif, avec la fermeture record de succursales bancaires, redéfinissant l’accès aux services en Suisse.

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UBS et Credit Suisse
Bilan de la fusion UBS-Credit Suisse : Les succursales bancaires sont en voie de disparition, quel impact pour les clients ? : Crédit : Keystone | Econostrum.info - Suisse

L’absorption de Credit Suisse par UBS a marqué un tournant décisif dans l’histoire du secteur bancaire suisse, particulièrement en ce qui concerne le réseau de succursales. Une étude de la Haute école de Lucerne (HSLU) révèle que cette fusion a accéléré la fermeture des agences bancaires à une échelle jamais vue depuis 1999. 

Ces fermetures ne sont toutefois que l’aspect le plus visible d’une transformation plus profonde, où l’évolution des habitudes des consommateurs et l’essor de l’e-banking redéfinissent les relations entre les banques et leurs clients. L’impact sur l’accessibilité des services bancaires devient une question centrale dans un paysage financier en mutation.

Un nombre record de fermetures de succursales

En 2025, pas moins de 145 succursales bancaires ont fermé leurs portes en Suisse, selon les résultats de l’enquête menée par la HSLU et relatée par Blick. Cette baisse est la plus importante depuis 1999, lorsque 250 agences avaient disparu. Cette année-là, la fusion UBS–Credit Suisse a largement contribué à l’ampleur du phénomène : 85 succursales ont été fermées dans le cadre de cette opération. En conséquence, UBS dispose désormais de 245 succursales, bien loin des 426 sites exploités par UBS et Credit Suisse en 2019.

Le processus de réduction des succursales s’inscrit dans une tendance de fond qui dure depuis plusieurs décennies. Depuis 1990, près de 1 600 succursales ont disparu, soit près d’un tiers du total des agences existantes à cette époque. En parallèle, la population suisse n’a cessé de croître, exacerbant la baisse de densité des agences bancaires. En 1988, la Suisse comptait 82 succursales pour 100 000 habitants, mais ce chiffre est tombé à seulement 25 en 2025. Ce recul s’explique en grande partie par la digitalisation des services bancaires, avec l’explosion de l’e-banking et des applications mobiles qui incitent de plus en plus de clients à opter pour des solutions à distance, plutôt que de se rendre en agence.

Outre la fermeture des agences, la réduction des distributeurs automatiques de billets (DAB) est également notable. En 2025, 211 DAB ont été retirés, portant le total à 5 957. Ces appareils représentent un coût d’entretien élevé pour les banques, et sont régulièrement victimes de malfaiteurs, avec 24 incidents recensés l’année dernière, un nombre cependant en baisse par rapport aux années précédentes.

L’accès aux services bancaires et le maintien du conseil personnalisé

Malgré la fermeture des succursales, les résultats de l’étude de la HSLU montrent que l’accès aux services bancaires reste relativement facile pour la majorité des Suisses. En moyenne, les habitants mettent 13 minutes pour se rendre à l’agence la plus proche, que ce soit à pied, en voiture ou en transports publics. La Banque Migros, bien qu’ayant nettement moins de succursales que UBS, affiche un temps de trajet moyen similaire de 15 minutes. Cela démontre que, bien que l’offre physique des services bancaires soit en déclin, la distance à parcourir pour accéder à un guichet reste raisonnable pour la majorité de la population.

Cependant, une question fondamentale persiste : la fermeture des agences bancaires a-t-elle un impact sur la qualité des services offerts ? Selon les résultats de l’enquête, bien que 15 % des personnes interrogées jugent que la réduction des succursales a rendu l’accès aux services plus difficile, la grande majorité estime que l’essentiel des services bancaires peut être réalisé en ligne. Néanmoins, le besoin de conseil personnalisé reste fort, notamment pour les produits financiers complexes. Selon Andreas Dietrich, auteur de l’étude, « les agences bancaires restent essentielles pour fournir des informations détaillées et des conseils sur des produits spécialisés ». De nombreux clients sont ainsi prêts à parcourir de plus longues distances pour obtenir un conseil en personne, préférant cette interaction directe à l’assistance par téléphone ou en ligne.

Les banques s’efforcent d’adapter leurs services en conséquence, en proposant notamment des horaires d’ouverture élargis ou des options de consultation en ligne. Toutefois, l’importance du contact humain dans le secteur bancaire, notamment pour les personnes âgées ou celles peu familières avec les nouvelles technologies, reste indéniable. En 2025, une enquête auprès de 2 000 personnes a révélé que 50 % d’entre elles souhaitaient davantage de flexibilité dans les horaires d’ouverture des agences. Ce besoin de proximité et de conseils personnalisés reste donc un défi pour les banques, qui doivent jongler entre la numérisation et la gestion de la relation client.

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