Les frontaliers marquent le pas à Genève, enregistrant la plus faible hausse depuis 2009

Avec seulement 2 100 frontaliers supplémentaires en 2025, Genève enregistre sa plus faible progression depuis 2009 et voit plusieurs secteurs clés marquer le pas.

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Les frontaliers marquent le pas à Genève, enregistrant la plus faible hausse depuis 2009 : Crédit : Forum | Econostrum.info - Suisse

Le nombre de travailleurs frontaliers à Genève progresse toujours, mais à un rythme inéditement faible. Selon la dernière étude de l’Office cantonal de la statistique (OCSTAT), la hausse observée en 2025 constitue la plus modeste depuis 2009. 

Ce tassement intervient dans un canton où la main-d’œuvre frontalière joue un rôle structurant pour de nombreux secteurs économiques. Derrière cette évolution globale, certaines branches apparaissent plus touchées que d’autres, tandis que quelques domaines résistent.

Une progression limitée à 1,9 %, la plus faible depuis 2009

À fin 2025, Genève comptait 116 200 travailleurs frontaliers actifs, soit 2 100 de plus qu’en 2024, selon l’OCSTAT.. En termes relatifs, cela représente une progression de 1,9 % sur l’année. Si la croissance demeure positive, elle marque un net ralentissement par rapport aux années précédentes. L’OCSTAT souligne qu’il s’agit de la plus faible augmentation du contingent frontalier depuis 2009.

Cette évolution confirme une tendance amorcée au cours des derniers trimestres. Le travail frontalier, qui avait connu une dynamique soutenue pendant plus d’une décennie, semble entrer dans une phase de stabilisation. Le ralentissement touche la quasi-totalité des secteurs économiques, selon les données cantonales.

Dans le détail, plusieurs branches enregistrent des effectifs frontaliers stables ou en léger recul par rapport à 2024. Les secteurs les plus concernés sont le commerce de gros, le commerce de détail, l’hébergement et la restauration, les activités immobilières, l’information et la communication ainsi que l’industrie alimentaire et du tabac. Ces domaines, qui emploient une part significative de main-d’œuvre frontalière, apparaissent aujourd’hui en phase d’ajustement.

Dans le commerce de gros et de détail, la modération de la consommation et l’évolution des habitudes d’achat influencent les besoins en personnel. L’hébergement et la restauration, sensibles à la conjoncture et à la fréquentation, montrent également des effectifs frontaliers peu dynamiques. Du côté des activités immobilières, la stabilisation du marché se reflète dans les recrutements. L’information et la communication, secteur marqué par des transformations rapides, affichent aussi une croissance plus mesurée des postes occupés par des frontaliers.

L’industrie alimentaire et du tabac complète la liste des branches où la progression s’essouffle. Globalement, ces secteurs illustrent un ralentissement diffus plutôt qu’un recul massif, mais la tendance est suffisamment marquée pour être relevée par l’OCSTAT.

Des secteurs qui résistent et une géographie frontalière stable

Tous les domaines ne sont pas affectés de la même manière. Selon l’OCSTAT, certaines branches échappent au tassement observé en 2025. C’est le cas des activités juridiques et comptables, de l’industrie chimique ainsi que de la production et distribution d’énergie. Ces secteurs continuent d’afficher une dynamique plus favorable en matière d’emploi frontalier.

Les activités juridiques et comptables bénéficient de la densité économique du canton et de la présence d’entreprises internationales. L’industrie chimique, historiquement ancrée dans la région lémanique, maintient des besoins spécifiques en compétences techniques. Quant à la production et à la distribution d’énergie, elles répondent à des impératifs structurels qui soutiennent la demande en main-d’œuvre qualifiée.

La répartition géographique des frontaliers actifs à Genève demeure stable. À fin 2025, 74 % d’entre eux étaient domiciliés en Haute-Savoie et 19 % dans l’Ain. Cette concentration confirme le rôle central des départements frontaliers français dans l’approvisionnement en main-d’œuvre du canton. Le bassin transfrontalier reste donc un élément clé du fonctionnement du marché de l’emploi genevois.

Le ralentissement constaté ne remet pas en cause l’importance des 116 200 travailleurs frontaliers dans l’économie locale. Il traduit plutôt une phase de moindre expansion, dans un contexte économique plus mesuré. L’évolution du contingent frontalier constitue un indicateur sensible de la conjoncture cantonale, tant il reflète les besoins des entreprises dans des secteurs variés.

Pour les autorités et les acteurs économiques, la question n’est pas seulement quantitative. Elle concerne aussi l’adéquation entre compétences disponibles et besoins sectoriels. Si certains domaines montrent des signes d’essoufflement, d’autres continuent d’attirer des profils spécialisés. L’année 2025 marque ainsi un tournant statistique, avec une croissance toujours positive mais nettement moins soutenue qu’au cours des années précédentes.

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