Le franc suisse atteint des niveaux historiques face à l’euro et au dollar, créant une fenêtre d’opportunité pour les vacanciers et les épargnants. À Genève et Lausanne, les petits bureaux de change proposent des taux très compétitifs.
Alors que l’euro se négocie autour de 0,93 franc et que le dollar frôle les 0,79, nombreux sont les Suisses à envisager l’achat de devises étrangères avant les départs estivaux. Ce contexte monétaire avantageux suscite un regain d’intérêt pour les stratégies de change à court terme.
La Tribune de Genève rapporte que les petits bureaux proches des gares genevoise et lausannoise peuvent offrir des taux bien plus favorables que ceux des banques. En achetant 1000 euros, certains voyageurs ont déboursé 940 francs contre 966 dans une grande enseigne bancaire.
Les bureaux de change indépendants : une alternative plus avantageuse
Les écarts de taux entre établissements bancaires et bureaux de change indépendants peuvent peser lourd sur un budget vacances. À Genève, un bureau près de Cornavin vendait 1000 euros pour 940 francs, contre 966 francs dans une banque.
Jean-Marc Sabet, fondateur de la plateforme de change b-sharpe, recommande une stratégie d’achat échelonnée : acheter la moitié des devises aujourd’hui, l’autre moitié juste avant le départ. Cette approche vise à se prémunir contre une potentielle remontée du franc.
Pour les transactions, il est conseillé de demander des coupures de 10 et 20 euros, plus faciles à utiliser à l’étranger. Les billets de 50 euros peuvent parfois être refusés ou difficilement échangés dans certaines destinations.
Une conjoncture internationale favorable au franc suisse
La vigueur du franc suisse s’explique par un contexte géopolitique incertain qui renforce son statut de valeur refuge. En France, la motion de censure contre le gouvernement Bayrou et, aux États-Unis, la politique de dépréciation du dollar soutenue par l’administration Trump participent à ce renforcement.
Daniel Varela, directeur des investissements de Piguet Galland, anticipe que l’euro pourrait chuter jusqu’à 0,92 franc, notamment si les tensions commerciales s’intensifient avant la date du 9 juillet. Une situation qui incite certains experts à recommander un achat immédiat des devises pour les départs en juillet.
Alessandro Mauceri, directeur chez Memento, estime que la Banque nationale suisse pourrait intervenir sur les marchés ou baisser encore ses taux pour limiter l’appréciation du franc, facteur de pression sur les exportateurs helvétiques.
Cartes bancaires : éviter les mauvaises surprises
À l’étranger, le choix du mode de paiement peut générer des frais supplémentaires non négligeables. Anton Sussland, financier genevois, conseille de toujours opter pour un paiement en euros et non en francs sur les terminaux à l’étranger pour éviter les taux désavantageux appliqués par les banques locales.
Les cartes de crédit appliquent aussi des frais élevés pour les retraits en espèces. Moneyland.ch rapporte qu’un retrait peut coûter 10 francs fixes ou environ 4 % pour des montants plus élevés. Les cartes de débit, en revanche, sont souvent plus avantageuses, notamment celles proposées par les néobanques comme Revolut, Neon ou Yapeal, qui appliquent peu ou pas de frais.
Mais contrairement aux cartes de crédit, les cartes de débit prélèvent immédiatement les montants sur le compte, ce qui nécessite une gestion rigoureuse du solde disponible en cas de déplacement à l’étranger.








