Code rouge pour les finances publiques suisses : 18 cantons vont sombrer dans le déficit en 2026

Le paysage budgétaire des cantons suisses en 2026 révèle un déséquilibre entre déficits importants et excédents modérés. Les cantons en déficit, tels que Genève, Vaud et Zurich, sont contraints de mettre en œuvre des programmes d’économies.

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Suisse
Code rouge pour les finances publiques suisses : 18 cantons vont sombrer dans le déficit en 2026 : Crédit : Keystone, montage watson | Econostrum.info - Suisse

Les finances publiques des cantons suisses se présentent sous un jour préoccupant pour l’année 2026. En effet, la majorité des cantons s’attendent à un déficit budgétaire, mettant ainsi en lumière une pression croissante sur les finances publiques. 

Face à cette situation, plusieurs cantons ont déjà mis en place des programmes d’économies pour tenter de contenir leurs dépenses, tandis que d’autres prévoient de baisser les impôts pour soutenir leurs citoyens et entreprises. Cette dynamique soulève des interrogations sur les priorités économiques et fiscales des cantons, ainsi que sur les répercussions de cette situation sur l’ensemble de l’économie suisse.

Un panorama contrasté : entre déficits massifs et excédents budgétaires

En 2026, dix-huit cantons suisses risquent de se retrouver avec un budget déficitaire, tandis que sept autres affichent des prévisions de bénéfices. La situation est particulièrement tendue dans l’Arc lémanique, où Genève prévoit un déficit de près de 410 millions de francs, le plus important du pays, suivi par Vaud avec un déficit de 331 millions de francs. Ces prévisions mettent en évidence des disparités importantes dans la gestion des finances publiques des cantons suisses. Le canton de Zurich, après un déficit de 102 millions de francs en 2025, voit ce chiffre se creuser à 139 millions de francs en 2026. Quant au Jura, bien que plus modeste, il table sur un déficit de 16,2 millions de francs, en raison d’un budget de transition lié à l’intégration de Moutier et à un changement de législature cantonale.

Dans un autre registre, certains cantons affichent des excédents budgétaires notables. Zoug est celui qui prévoit le plus grand bénéfice, estimé à 370 millions de francs, suivi par Berne qui annonce un surplus de 365 millions de francs. Ces résultats sont en grande partie attribués à une gestion financière rigoureuse et à l’augmentation des rentrées fiscales. En outre, ces cantons ont pu compenser la forte hausse des charges, notamment dans le secteur de l’éducation, grâce à des versements compensatoires dans le cadre de la péréquation financière nationale. Lucerne suit la même dynamique et prévoit également des excédents, tout en envisageant des allégements fiscaux pour ses contribuables dans les années à venir.

Les mesures d’économies et les ajustements fiscaux : des réponses face aux déficits

Face à ces déficits, plusieurs cantons ont déjà pris des mesures d’économies importantes. À Genève, l’exécutif propose un plan de réduction des dépenses d’une hauteur de 177,7 millions de francs. Parmi ces mesures, on note une participation accrue des communes au financement de la péréquation cantonale et la suspension de l’annuité des fonctionnaires. Le canton de Vaud, qui prévoit un déficit de 331 millions de francs malgré un programme d’économies de 305 millions, opte également pour des baisses de subventions dans des secteurs comme l’action sociale, la santé et les hautes écoles. Les mesures concernent également le personnel de l’État, avec des coupes envisagées à hauteur de 51 millions de francs, soit 17 % des économies totales, selon Blick.

Fribourg, confronté à une situation exceptionnelle, commencera l’année 2026 sans budget, suite à un référendum contre la loi sur l’assainissement des finances de l’État. En cas de succès du référendum, un vote populaire est prévu pour le 26 avril 2026. Le programme d’économie proposé vise à améliorer les finances de l’État de 405 millions de francs entre 2026 et 2028, avec un ratio de 70 % de réduction des dépenses et 30 % de nouvelles recettes. Ce processus d’assainissement financier fait partie d’une démarche plus large, initiée dans plusieurs cantons, visant à contenir l’augmentation des dépenses publiques.

Du côté des cantons bénéficiaires, ceux qui connaissent des excédents, comme Berne et Lucerne, utilisent ces surplus pour alléger la pression fiscale. Après avoir accordé des réductions fiscales aux entreprises en 2024 et aux particuliers en 2025, Berne prévoit des allégements fiscaux supplémentaires pour les années 2027 à 2029. Ces mesures visent à stimuler l’économie locale et à renforcer l’attractivité du canton pour les entreprises et les contribuables.

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