La fête du Travail trouve ses racines dans un événement majeur : la grève générale de 1886 aux États-Unis. Ce jour-là, environ 300 000 travailleurs se sont mobilisés pour revendiquer la journée de travail de huit heures. La répression de ces manifestations à Chicago, notamment lors des émeutes de Haymarket, a fait plusieurs victimes parmi les manifestants, marquant ainsi un tournant dans les luttes ouvrières.
En 1889, l’Internationale ouvrière, en hommage à ces événements, a proclamé le 1er mai comme journée internationale de solidarité des travailleurs. Cette journée de lutte s’est rapidement propagée à travers le monde.
En Suisse, la première célébration du 1er mai a eu lieu en 1890. Toutefois, contrairement à d’autres jours fériés comme le 1er août, le 1er mai n’a jamais été instauré comme un jour férié national.
Chaque canton a eu la liberté de décider s’il voulait en faire un jour férié ou non. C’est cette absence de règlementation nationale qui explique la diversité des pratiques observées à travers le pays.
Une variété d’approches cantonales
Aujourd’hui, le 1er mai est férié dans huit cantons suisses, à savoir le Jura, Neuchâtel, Schaffhouse, le Tessin, Thurgovie, Zurich, Bâle-Ville et Bâle-Campagne. Le Jura est le premier canton à avoir instauré le 1er mai comme jour férié, dès 1979, après son entrée en souveraineté.
À Neuchâtel, cette mesure a été mise en place plus récemment, en 2010, après un vote favorable du Grand Conseil en réponse à une initiative populaire lancée en 2008, précise 24 Heures. Il a fallu attendre 2010 pour que les Neuchâtelois puissent bénéficier de ce congé, car les 1er mai 2010 et 2011 étaient tombés pendant les week-ends.
En revanche, dans d’autres cantons comme Genève, le 1er mai n’est pas un jour férié officiel. Cependant, à Genève, les fonctionnaires cantonaux ainsi que certains fonctionnaires communaux bénéficient d’une journée de congé en vertu d’un accord signé avec les syndicats en 1986.
Pour les employés du secteur privé, le 1er mai reste une journée de travail, sauf si leur contrat de travail ou convention collective prévoit un congé. En outre, les écoles sont fermées ce jour-là car les enseignants, en tant qu’employés de l’État, ont droit à ce congé.
Le canton de Fribourg présente un cas particulier : les élèves du primaire ont congé le 1er mai, mais cette absence scolaire n’est pas liée aux revendications sociales. En effet, il s’agit d’une tradition où les enfants vont chanter pour célébrer l’arrivée du printemps, et sont récompensés par des piécettes ou des friandises. Les enseignants, quant à eux, travaillent normalement, et les administrations publiques ne bénéficient pas d’un congé général.
Le cas des cantons du Valais et du Vaud
La situation est différente dans le canton du Valais. Bien que le 1er mai ne soit pas officiellement un jour férié, certains fonctionnaires peuvent bénéficier d’un demi-jour de congé, à condition que cela soit spécifié dans leur plan de travail annuel.
Les écoles restent ouvertes, car les enseignants n’ont pas droit à un congé pour cette journée. Cela s’apparente à un jour « chômé » pour les fonctionnaires, où la décision de l’employeur d’accorder un congé reste flexible.
Dans le canton de Vaud, le 1er mai n’est pas un jour férié au niveau cantonal. Aucune exception n’est faite pour les employés de l’État. Toutefois, certaines communes, comme Lausanne, permettent à leurs employés d’avoir un jour de congé, et les écoles du chef-lieu bénéficient également d’un jour de repos.
Cette exception s’applique aux années où le 1er mai tombe en semaine et non pendant les vacances scolaires. Cela sera le cas en 2025, où les écoles lausannoises seront fermées pour l’après-midi du 1er mai.
L’importance des syndicats et des manifestations
Le 1er mai reste une journée de revendications sociales. Les syndicats suisses, bien que leurs manifestations soient moins spectaculaires que celles observées dans des pays comme la Russie ou Cuba, organisent des rassemblements importants pour défendre les droits des travailleurs.
À Zurich, par exemple, des défilés marquent cette journée, attirant des milliers de manifestants. Ces manifestations sont organisées par les syndicats pour sensibiliser à des problématiques telles que les salaires et les conditions de travail, mais aussi pour rappeler l’importance historique du 1er mai dans la lutte ouvrière, explique Watson.
En Suisse romande, les défilés sont généralement de taille modeste par rapport à d’autres pays, mais restent des moments importants pour les syndicats, qui profitent de cette journée pour exprimer leur solidarité et revendiquer des améliorations dans le monde du travail.
Ainsi, le 1er mai demeure un symbole puissant de la lutte pour les droits des travailleurs, bien que son application diffère considérablement d’un canton à l’autre en Suisse.








