Exonération d’impôts : La Suisse offre une bouffée d’air fiscal aux retraités qui continuent à travailler

Le projet d’exonérer les revenus des retraités actifs de l’impôt fédéral s’inscrit dans un contexte démographique et économique complexe, où la pénurie de main-d’œuvre qualifiée devient une priorité.

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Exonération d'impôts : La Suisse offre une bouffée d’air fiscal aux retraités qui continuent à travailler : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et au vieillissement de la population, le Conseil national suisse a pris une mesure en faveur des retraités qui choisissent de continuer à travailler après l’âge légal de la retraite. Lors d’une session extraordinaire, une motion a été adoptée visant à exonérer les revenus des retraités actifs de l’impôt fédéral. 

Cette initiative de Lars Guggisberg (UDC/BE) a été validée par 98 voix contre 90 et 2 abstentions, mais elle doit encore être approuvée par le Conseil des États. Elle représente une réponse directe aux défis démographiques auxquels la Suisse est confrontée, notamment l’augmentation du nombre de baby-boomers arrivant à l’âge de la retraite et la nécessité de maintenir une main-d’œuvre qualifiée dans des secteurs clés de l’économie.

Les mesures fiscales : une incitation à prolonger l’activité professionnelle

La motion de Lars Guggisberg vise à encourager les retraités à prolonger leur activité professionnelle en exonérant leurs revenus de l’impôt fédéral. Ce projet s’inscrit dans un contexte où le marché du travail suisse fait face à une pression croissante, alimentée par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, notamment dans des secteurs comme la santé, l’ingénierie ou les technologies de l’information. L’idée est de permettre aux retraités de rester actifs tout en bénéficiant d’un allègement fiscal significatif, afin de compenser en partie la baisse de leurs revenus après leur départ en retraite.

Les députés ont également validé un postulat de Thomas Reichsteiner (Centre/AI), qui appelle à une évaluation plus approfondie de cette proposition au regard de la situation démographique et économique. En effet, avec l’arrivée massive des baby-boomers à la retraite, il est devenu essentiel de trouver des solutions pour maintenir l’offre de main-d’œuvre qualifiée et répondre à la demande croissante de certaines compétences. La Suisse fait face à un vieillissement rapide de sa population, avec un nombre d’actifs en baisse. Les retraités peuvent ainsi jouer un rôle clé pour combler cette pénurie de travailleurs, notamment dans des domaines où leur expertise et expérience sont cruciales.

Le postulat de Reichsteiner appelle à une réflexion sur l’impact de ces exonérations fiscales à long terme, en tenant compte des enjeux économiques globaux et de la soutenabilité des régimes de retraite. Si ces mesures sont bien appliquées, elles pourraient aider à renforcer la compétitivité de la Suisse tout en facilitant l’insertion des seniors dans le monde du travail.

Le contexte démographique et économique suisse

L’augmentation du nombre de retraités représente un défi majeur pour l’économie suisse, notamment en raison de la diminution du nombre d’actifs disponibles pour occuper les postes vacants. En 2023, la population suisse comptait environ 2 millions de personnes âgées de 65 ans et plus, un nombre qui ne cesse d’augmenter, selon Blick. Cette évolution démographique a des répercussions directes sur le marché du travail, avec des secteurs stratégiques qui peinent à attirer des talents jeunes et qualifiés.

Face à cette réalité, l’incitation à prolonger l’activité des retraités permettrait d’atténuer les effets de cette pénurie de main-d’œuvre. De plus, l’exonération fiscale proposée offrirait aux retraités un moyen de compléter leur pension tout en contribuant à l’économie nationale. Cela pourrait également répondre à un besoin croissant de travailleurs dans des secteurs qui nécessitent des compétences spécialisées, comme la santé, les technologies de l’information ou l’ingénierie.

Bien que la Suisse bénéficie actuellement d’une économie forte, les défis liés au vieillissement démographique et à la pénurie de main-d’œuvre risquent de freiner sa croissance à long terme. Encourager les retraités à rester sur le marché du travail, tout en allégeant leur charge fiscale, représente une réponse pragmatique à ces enjeux. Si cette réforme est bien mise en œuvre, elle pourrait aussi contribuer à la stabilité des finances publiques et à l’amélioration du pouvoir d’achat des retraités.

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