Une entreprise suisse a façonné l’intérieur du luxueux avion qatari offert à Trump

Un Boeing 747-8 offert par le Qatar à Donald Trump, réaménagé en palace volant par une entreprise suisse, relance les critiques sur d’éventuels conflits d’intérêts.

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Boeing 747-8, surnommé le « Flying Palace »
Une entreprise suisse a façonné l’intérieur du luxueux avion qatari offert à Trump - © Alberto Pinto

Un Boeing 747-8 luxueusement aménagé, initialement destiné à la vente, devient l’objet d’une controverse internationale. Le Qatar offre cet appareil à Donald Trump, déclenchant des critiques virulentes sur fond de soupçons de conflits d’intérêts.

Le Pentagone a validé l’intégration de l’avion dans la flotte présidentielle américaine, le transformant potentiellement en futur Air Force One. Derrière cette acquisition inhabituelle se cache une entreprise suisse spécialisée, qui a œuvré pendant plusieurs années à sa métamorphose.

Une entreprise suisse au cœur d’un projet présidentiel

AMAC Aerospace, entreprise basée à Bâle, est à l’origine de la transformation du Boeing 747-8 en véritable palace volant. L’entreprise, qui se présente comme le plus grand atelier d’aviation privé au monde, dispose de cinq hangars à l’aéroport de Bâle-Mulhouse où elle rénove des avions long-courriers. L’ancien avion qatari est resté longtemps entreposée dans ses installations avant d’être entièrement reconfiguré.

D’après une brochure marketing relayée par le New York Times, le nouvel aménagement comprend des chambres avec salles de bain privées, un salon, une salle de séjour, une aire de jeux pour enfants, et des espaces distincts pour l’équipage. Cet agencement luxueux a poussé Donald Trump à déclarer publiquement qu’il serait « stupide de refuser un tel avion ».

Un cadeau diplomatique sous le feu des critiques

Le Boeing, offert par le Qatar, a été officiellement accepté par le Pentagone comme un cadeau d’État à État. Le Premier ministre qatari a affirmé à CNN qu’il s’agissait d’une simple transaction sans arrière-pensée.

Donald Trump, pour sa part, a défendu cette réception en rappelant que les deux avions actuellement en service datent de 1987, et que leur remplacement, commandé à Boeing, n’est pas attendu avant 2028.

Malgré ces justifications, plusieurs responsables politiques américains ont vivement réagi. Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat, a qualifié cette réception de « corruption flagrante » et de « menace grave pour la sécurité nationale », selon les propos rapportés par Blick. Il a même ironisé en affirmant que « ce cadeau est tellement douteux que même Poutine n’en reviendrait pas ».

Intégration réglementée mais avenir incertain

Selon le Pentagone, l’avion ne peut pas encore être utilisé comme Air Force One. Avant d’être opérationnel, il devra être équipé de dispositifs de sécurité spécifiques conformes aux normes présidentielles. Bien que la valeur actuelle de l’avion soit estimée à environ 400 millions de dollars, cette transformation entraînera des coûts supplémentaires importants.

Des rumeurs relayées par les médias américains suggèrent également que, si Donald Trump quittait la présidence après son mandat, l’avion pourrait ne pas rester dans le giron de l’État. Il pourrait alors devenir un jet personnel du futur ex-président, alimentant ainsi les inquiétudes sur un usage privé d’un bien offert à l’État.

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