L’électrique explose en Suisse : un tiers des nouvelles voitures sont maintenant branchées

La Suisse fait des progrès notables avec les voitures électriques, mais l’objectif de 50% de véhicules rechargeables en 2025 semble difficile à atteindre.

Publié le
Lecture : 3 min
voiture electrique
L'électrique explose en Suisse : un tiers des nouvelles voitures sont maintenant branchées : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

En 2025, la Suisse confirme sa place parmi les leaders européens en matière de véhicules électriques. Un tiers des voitures neuves vendues cette année sont désormais équipées d’une prise, une performance impressionnante qui marque un tournant pour la mobilité du pays. 

Pourtant, malgré cet engouement, l’objectif fixé par les autorités fédérales d’atteindre 50% de voitures électriques dans les ventes de véhicules neufs en 2025 reste hors de portée. Ce déclin dans les objectifs prévisionnels met en lumière des défis persistants, tant sur le plan des infrastructures que des politiques publiques.

Une adoption record mais des objectifs encore loin d’être atteints

Les véhicules électriques connaissent une croissance fulgurante en Suisse, mais cette dynamique ne suffit pas à remplir les objectifs gouvernementaux. En 2025, près de 34% des nouvelles immatriculations étaient des véhicules rechargeables, un chiffre qui inclut 31,4% de voitures entièrement électriques (BEV) et 11,3% d’hybrides rechargeables (PHEV). Cela représente 53 500 voitures électriques immatriculées pour la première fois, un chiffre en légère augmentation par rapport à 2024 (46 077).

En revanche, l’objectif de 50% de véhicules électriques pour 2025, fixé dans la « Feuille de route 2025 » par les autorités suisses, est loin d’être atteint, selon l’association suisse du commerce automobile indépendant (VFAS). À la fin de l’année, environ 230 000 voitures électriques circulaient sur les routes suisses, contre seulement 7 500 en 2015, ce qui marque une multiplication par plus de trente en dix ans. Cependant, les voitures électriques représentent encore seulement 5% du parc automobile global, loin des 83% des voitures à essence et diesel, qui dominent encore largement le marché. Cette transition s’avère plus lente que prévu, mais elle est néanmoins marquée par un important potentiel de développement.

Une infrastructure de recharge insuffisante face à une demande croissante

Un des obstacles majeurs à l’accélération de la transition énergétique en Suisse réside dans l’infrastructure de recharge. Bien que le pays ait fait des progrès notables en la matière, avec entre 15 000 et 18 000 points de recharge accessibles au public en 2025, l’objectif de 20 000 bornes de recharge publiques d’ici fin 2025 semble difficile à atteindre. En comparaison, environ 80% des recharges se font dans des espaces privés, ce qui complique l’accès pour de nombreux citoyens, notamment ceux qui vivent en location ou dans des zones urbaines densément peuplées.

Les cantons de Zurich, Berne et Vaud se distinguent par des réseaux de recharge relativement bien développés, mais l’ensemble de la Suisse peine encore à offrir une couverture uniforme. Cette inégalité géographique dans l’accès aux bornes publiques crée des tensions et empêche certains conducteurs de sauter le pas vers l’électrique. L’absence de soutien financier et les prix élevés de l’électricité viennent alourdir la facture pour les ménages, limitant davantage l’attrait de ces véhicules.

Un avenir plus vert mais encore incertain

Les autorités suisses, conscientes de ces défis, ont décidé de prolonger leur « Feuille de route 2025 » jusqu’en 2030, dans l’espoir de rattraper les retards accumulés, indique Watson. Ce prolongement vise à intégrer progressivement de nouveaux segments de véhicules, tels que les camions, les véhicules de livraison et les bus publics, afin de maximiser l’impact de l’électrification sur l’ensemble du secteur des transports. Des objectifs intermédiaires devraient être mis en place, mais l’on peut déjà parier que la transition sera encore longue.

Dans le même temps, la question de la taxation des véhicules électriques continue de diviser. Le Conseil fédéral a évoqué la possibilité d’introduire une taxe sur les voitures électriques, une initiative vivement critiquée par VFAS, qui estime que cela freinerait l’essor des véhicules rechargeables. L’absence de mesures incitatives comme des subventions ou des réductions fiscales risque d’entraver l’engouement populaire pour ces nouvelles technologies.

Laisser un commentaire

Share to...