Le Centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich (KOF) a publié vendredi les résultats de son baromètre conjoncturel, qui mesure la tendance à court terme du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse. En mars, l’indicateur a gagné 1,3 point, atteignant 103,9 points. Ce rebond est jugé plus important que prévu par les économistes, qui anticipaient un chiffre compris entre 101,9 et 103,0 points.
Cette remontée intervient dans un contexte économique marqué par un ralentissement de la croissance en 2024. Selon une première estimation du ministère de l’Économie, le PIB suisse a progressé de 0,9 % l’an dernier (hors événements sportifs), après une hausse de 1,2 % en 2023. L’industrie a été le principal frein à cette croissance, pénalisée par une chute de la demande en provenance de la zone euro.
Un redressement plus marqué que prévu
Le baromètre du KOF, publié chaque mois, a enregistré en mars une progression de 1,3 point, atteignant 103,9 points, après une baisse observée en février. Cette évolution dépasse les attentes des économistes interrogés par l’agence suisse AWP, qui tablaient sur un chiffre situé entre 101,9 et 103,0 points.
Cette amélioration a été soulignée dans le communiqué de l’institut zurichois, où il est précisé que les perspectives pour la situation générale des affaires, les carnets de commandes et l’activité de production sont désormais perçues comme bien plus favorables qu’auparavant. Le centre de recherches note ainsi un retournement de tendance plus marqué qu’anticipé.
Une embellie portée par certains secteurs industriels
Tous les secteurs économiques ne participent pas à cette dynamique. L’institut de Zurich observe une embellie dans le bâtiment ainsi qu’une reprise des commandes dans certaines branches industrielles. Les domaines de la construction automobile, de la mécanique, de la chimie et de la pharmacie montrent des signes de redressement.
En revanche, les indicateurs relatifs aux équipements électriques demeurent orientés à la baisse. Cette différence sectorielle traduit la disparité des rythmes de reprise au sein de l’économie helvétique, certains segments restant sous pression malgré la reprise globale signalée dans les deux sources.
Un contexte extérieur encore contraint
La croissance de l’économie suisse en 2024 a été affectée par une demande extérieure en repli, notamment en provenance d’Allemagne. Cette dernière, premier partenaire commercial européen de la Suisse, a vu son secteur de la construction automobile particulièrement touché, ce qui a rejailli sur les fournisseurs helvétiques, notamment ceux actifs dans les métaux et composants automobiles.
Toutefois, un facteur de soutien pourrait émerger. Le moral des entrepreneurs allemands commence à se redresser après l’adoption récente d’un vaste plan d’investissements par le Parlement, selon les dernières données du baromètre IFO. Ce regain de confiance chez le principal partenaire économique de la Suisse pourrait, à terme, atténuer les pressions sur l’industrie exportatrice helvétique.