En décembre, les entrepreneurs suisses affichent un optimisme retrouvé, marqué par une hausse significative du baromètre conjoncturel suisse, qui a atteint 103,4 points selon l’institut KOF. Cette progression de 1,7 point sur un mois signale une reprise des attentes positives pour l’économie, malgré des tensions persistantes dans certains secteurs comme la production industrielle et les commandes.
Alors que la guerre commerciale initiée par les États-Unis avait ébranlé la confiance économique en 2018, les perspectives pour l’industrie manufacturière et la construction restent encourageantes pour les mois à venir. Toutefois, des signes de prudence persistent, notamment chez les exportateurs et la consommation intérieure.
Une tendance positive dans l’industrie et la construction
Le baromètre conjoncturel du KOF reflète des perspectives positives pour l’économie suisse, avec une nette progression des indicateurs dans l’industrie manufacturière et la construction. En décembre, l’indicateur a grimpé à 103,4 points, dépassant même les 103,3 points de février 2025, avant que la guerre commerciale n’ait un impact sur l’économie suisse. La hausse des indicateurs dans les secteurs de la production, de l’emploi et des stocks montre que la situation est globalement favorable. Toutefois, certains aspects restent sous pression, notamment l’activité de production et les commandes, qui sont encore affectées par les défis mondiaux.
Les perspectives d’emploi dans l’industrie sont particulièrement optimistes, de même que les prévisions concernant les stocks de produits intermédiaires. La situation commerciale générale s’améliore également, bien que la demande des ménages et des marchés étrangers connaisse un ralentissement. Les experts du KOF notent que cette situation contraste avec l’évolution de la demande, qui se montre moins dynamique, notamment du côté des consommateurs suisses et de la demande internationale.
Dans le secteur manufacturier, les sous-secteurs comme la métallurgie et l’industrie du bois, du verre, des pierres et des terres ont enregistré des indicateurs positifs. Cependant, l’industrie alimentaire et des boissons, ainsi que l’industrie chimique et pharmaceutique, voient leurs perspectives se détériorer, ce qui reste une zone d’inquiétude pour l’économie suisse. Ces secteurs, bien qu’importants, subissent des pressions dues à des coûts élevés et à une demande fluctuante sur les marchés mondiaux.
Des indicateurs de demande en recul : Prudence dans la consommation et les exportations
Si l’optimisme des entrepreneurs se reflète dans les secteurs de l’industrie et de la construction, les prévisions pour la consommation intérieure et les exportations sont moins brillantes. Les exportateurs restent prudents face à un environnement mondial incertain, marqué par des tensions commerciales et des risques géopolitiques. La demande extérieure, en particulier, reste faible, ce qui peut ralentir la croissance des entreprises exportatrices suisses. De plus, les consommateurs suisses, bien que moins inquiets que lors des périodes de crise, restent hésitants face à une inflation persistante et à une incertitude économique qui les incite à la prudence.
Le recul des indicateurs de la demande intérieure et extérieure se reflète également dans l’activité commerciale. Les entreprises suisses, tout en bénéficiant d’une reprise dans certains secteurs, doivent gérer des marges plus faibles dues à des coûts de production élevés et à une consommation intérieure modérée. Cette prudence se traduit par une gestion plus sélective des investissements et une attention accrue à l’évolution des commandes dans les prochains mois.








