Dubaï devient le nouveau paradis fiscal des ultra-riches et fait perdre à la Suisse son trône financier

Dubaï devient une alternative sérieuse à la Suisse en tant que paradis fiscal, attirant des fortunes mondiales avec sa fiscalité avantageuse et sa croissance rapide.

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Dubaï devient le nouveau paradis fiscal des ultra-riches et fait perdre à la Suisse son trône financier : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Dubaï, autrefois une simple oasis commerciale dans le désert, s’est transformée en un centre financier de premier plan, attirant des fortunes et des investisseurs du monde entier. En l’espace de quelques années, l’émirat a surpassé plusieurs places financières offshore traditionnelles, rivalisant désormais avec des hubs tels que la Suisse. 

Le succès de Dubaï repose sur des avantages fiscaux indéniables et une réglementation allégée qui séduit les ultra-riches. Cette transformation rapide a permis à l’émirat de devenir un acteur majeur dans la gestion de patrimoine à l’échelle mondiale, attirant même des clients fuyant des régulations fiscales de plus en plus strictes dans leurs pays d’origine.

L’essor rapide de Dubaï comme centre financier global

Dubaï a connu une expansion impressionnante dans le secteur financier. En 2024, l’émirat a enregistré 700 milliards de dollars d’actifs sous gestion, soit une augmentation de 58 % par rapport à l’année précédente. Bien que la Suisse reste leader mondial avec environ 9000 milliards de francs suisses sous gestion, Dubaï affiche une croissance bien plus rapide. En plus de cela, les family offices basés à Dubaï gèrent désormais plus de 1000 milliards de dollars, un chiffre qui continue de croître à une vitesse impressionnante, indique le Handelszietung. Cette dynamique place Dubaï parmi les places financières mondiales les plus attractives, au point d’ambitionner de se hisser parmi les cinq premières places financières mondiales dans les prochaines années.

Cette montée en puissance est d’autant plus remarquable qu’elle s’accompagne de la construction d’infrastructures modernes et d’une fiscalité favorable aux investisseurs. Les personnes fortunées peuvent bénéficier de taux d’imposition nuls, ce qui en fait un refuge pour ceux cherchant à échapper à des régulations fiscales de plus en plus strictes ailleurs. Dubaï est désormais considéré comme un sanctuaire pour les « riches nomades » – des personnes qui ont quitté des pays comme le Royaume-Uni ou la Russie pour des raisons fiscales ou politiques. Les grandes banques suisses, telles que UBS et Julius Baer, ont rapidement suivi ce mouvement, en ouvrant des bureaux dans l’émirat pour servir une clientèle fortunée croissante.

Les réformes législatives et fiscales mises en place par l’émirat ont permis à Dubaï de se doter d’un cadre réglementaire allégé, tout en attirant des entrepreneurs et des investisseurs étrangers. L’un des principaux attraits de Dubaï réside dans sa politique d’immigration libérale, où les personnes pouvant subvenir à leurs besoins financiers peuvent obtenir un « Golden Visa », offrant une résidence de longue durée. Cette combinaison d’opportunités fiscales et d’infrastructures modernes a propulsé Dubaï comme un acteur incontournable dans le secteur financier.

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Dubaï : un modèle de gestion des fortunes familiales et d’innovation

Dubaï est devenu un centre névralgique pour les family offices, qui sont des entités spécialisées dans la gestion des patrimoines familiaux. En 2024, environ 1 000 milliards de dollars étaient gérés par ces structures à Dubaï, un secteur en pleine expansion. La présence de banques comme Lombard Odier et Mirabaud, et d’autres institutions financières prestigieuses, illustre bien cette dynamique. Les banques suisses, en particulier, détiennent entre 25 et 35 % du marché des services financiers à Dubaï, selon Mario al-Jebouri, un banquier local. Cela montre à quel point Dubaï attire les acteurs financiers internationaux.

Contrairement à d’autres places financières, Dubaï permet aux family offices de se développer dans un environnement où la fiscalité est minimale et où la confidentialité est respectée. Bien que certaines banques suisses, comme Pictet, ne soient encore qu’en phase de représentation, l’expansion des bureaux et des services financiers à Dubaï est incontestable. Les investissements dans les fintechs, les cryptomonnaies et l’intelligence artificielle viennent également renforcer cette image de Dubaï en tant que centre d’innovation.

Le modèle économique à Dubaï repose sur une forte adaptation aux besoins des clients fortunés. Les banques n’ont pas seulement déménagé leurs équipes, elles ont aussi adapté leurs services à une clientèle internationale exigeante. De nombreuses institutions privilégient désormais une présence locale – un changement par rapport aux années passées, où les banquiers suisses étaient souvent présents uniquement via des voyages ponctuels, une pratique que l’on qualifiait de « suitcase banking ». Aujourd’hui, la présence sur place est cruciale, notamment pour bâtir des relations de confiance avec des clients à la recherche de services personnalisés.

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