Depuis l’imposition des droits de douane punitifs de 39 % par les États-Unis sur les exportations suisses le 7 août 2025, la Suisse se trouve face à un défi économique majeur. Si UBS n’est pas directement impactée par ces mesures, elle joue un rôle clé dans les négociations avec Washington en raison de son influence aux États-Unis.
L’importance de cette situation repose non seulement sur la défense des intérêts économiques suisses, mais aussi sur des tensions internes liées à la régulation bancaire. Dans ce contexte, la banque suisse pourrait devenir un acteur crucial pour atténuer les conséquences de cette crise sur l’économie nationale.
UBS : Un acteur incontournable dans les négociations économiques
UBS, en tant que géant bancaire suisse, n’est pas directement touchée par les droits de douane américains. Toutefois, la banque se retrouve impliquée dans le conflit en raison de son rôle d’employeur majeur aux États-Unis et de ses relations avec des figures influentes de la politique américaine. Avec plus de 20 000 employés aux États-Unis, dont une grande partie bénéficie de salaires élevés, UBS joue un rôle significatif dans l’économie américaine, notamment grâce à ses liens avec des figures de premier plan à Washington et New York. Son directeur général, Sergio Ermotti, et son président du conseil d’administration, Colm Kelleher, possèdent des réseaux étendus dans les milieux financiers et politiques américains.
Kelleher, ancien de Morgan Stanley, et Ermotti, ancien de Merrill Lynch, disposent de contacts de longue date avec des personnalités clés du gouvernement américain, dont Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor. Ces connexions permettent à UBS de jouer un rôle stratégique dans les discussions concernant les droits de douane et d’offrir à la Suisse un accès privilégié aux canaux diplomatiques de Washington. Le lobbying d’UBS en faveur de la Suisse est déjà en cours, et la banque pourrait utiliser cette situation pour renforcer ses relations avec les autorités suisses, notamment avec la ministre des Finances, Karin Keller-Sutter.
Les tensions internes et les rumeurs autour de Karin Keller-Sutter
Le rôle de Karin Keller-Sutter dans cette crise est particulièrement délicat. La conseillère fédérale PLR est connue pour sa position ferme sur la régulation bancaire, exigeant qu’UBS augmente ses fonds propres de 25 milliards de francs suisses, une demande que la banque conteste vigoureusement. Cette situation a entraîné des tensions entre la ministre et la banque, alimentant des rumeurs selon lesquelles UBS pourrait chercher à affaiblir l’autorité de Keller-Sutter dans le cadre de la régulation bancaire, rapporte Watson.
Des sources proches du secteur financier ont suggéré qu’UBS pourrait utiliser la crise des droits de douane pour s’assurer que Keller-Sutter perde de l’influence dans le bras de fer sur la régulation. Certaines rumeurs vont même jusqu’à accuser UBS d’être derrière l’histoire médiatique selon laquelle la ministre aurait raté son entretien téléphonique avec Donald Trump, ce qui aurait contribué à l’échec des négociations. Ces accusations ont été fermement démenties par UBS, qui a souligné que la banque n’avait « aucun intérêt » à affaiblir la ministre.
Malgré ces tensions internes, UBS insiste sur le fait que son objectif prioritaire reste la suppression des droits de douane punitifs, dans l’intérêt de l’économie suisse. La banque affirme qu’elle se trouve « dans le même bateau » que le gouvernement suisse et que l’unité entre le secteur économique et l’administration est essentielle pour réussir à obtenir un accord avec Washington. UBS, aux côtés d’autres grandes entreprises suisses comme Partners Group, Roche et Swiss, continue de faire pression pour une réduction des tarifs douaniers.








