Investir 200 milliards de dollars contre la baisse des droits de douane : Voici les entreprises suisses concernées par le deal avec les Etats-Unis

Les entreprises suisses investissent massivement aux États-Unis en échange de baisses des droits de douane, ouvrant un nouveau chapitre commercial.

Publié le
Lecture : 3 min
Etats-Unis
Investir 200 milliard de dollars contre la baisse des droits de douane : Voici les entreprises suisses concernées par le deal avec les Etats-Unis : Crédit : keystone-sda.ch | Econostrum.info - Suisse

L’accord commercial conclu cette fin de semaine entre la Suisse et les États-Unis a de quoi secouer les acteurs économiques des deux côtés de l’Atlantique. D’un côté, les entreprises suisses vont devoir investir massivement aux États-Unis dans les années à venir, et de l’autre, elles bénéficieront de baisses significatives des droits de douane.

Ce deal, dont les grandes lignes ont été révélées par la Maison Blanche, arrive avec de belles promesses : un commerce plus ouvert, des investissements boostés et des barrières tarifaires allégées. Bref, un tournant majeur pour les relations économiques entre les deux nations.

Les investissements massifs des entreprises suisses : 200 milliards de dollars à investir

En échange de la réduction des droits de douane, la Suisse a accepté de jouer un rôle clé dans l’économie américaine en engageant des investissements colossaux. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les entreprises suisses doivent investir au moins 200 milliards de dollars sur le sol américain d’ici 2028. Une somme astronomique qui représente un effort conséquent pour des entreprises déjà présentes aux États-Unis, mais aussi une belle opportunité de croissance dans l’un des plus grands marchés du monde.

Les géants pharmaceutiques suisses sont en première ligne. Roche et Novartis, qui dominent le secteur de la santé à l’échelle mondiale, se sont engagés à investir près de 73 milliards de dollars. Roche, toujours à la pointe des biotechnologies, met sur la table un investissement de 50 milliards de dollars, tandis que Novartis prévoit d’allouer 23 milliards pour soutenir ses activités de recherche et de production sur le sol américain. Un investissement massif qui vient renforcer les liens entre la Suisse et les États-Unis dans un secteur stratégique.

Mais les entreprises technologiques suisses ne sont pas en reste. ABB, spécialiste de l’automatisation et de la robotique, a prévu un investissement de 250 millions de dollars dans ses infrastructures américaines, pour soutenir la demande croissante en matière de centres de données, notamment ceux dédiés à l’intelligence artificielle. Quant à Stadler Rail, le constructeur ferroviaire suisse, il investira 70 millions de dollars pour agrandir son usine de Salt Lake City, un investissement stratégique pour pouvoir décrocher des contrats publics aux États-Unis dans le secteur du transport ferroviaire. Si ces investissements ne représentent qu’une fraction des 200 milliards promis, ils sont cependant essentiels pour soutenir les ambitions suisses sur ce marché.

Bien sûr, ces investissements ne se limitent pas aux grands groupes. Des PME suisses, comme Ricola ou Victorinox, sont également impliquées dans ce mouvement. Ricola, par exemple, envisage de moderniser ses chaînes de production aux États-Unis, tandis que Victorinox réfléchit à la relocalisation de certaines étapes de production pour mieux répondre à la demande locale, a révélé le média Blick. En somme, c’est tout un écosystème d’entreprises suisses qui se prépare à investir dans l’économie américaine, avec l’espoir d’en tirer des bénéfices à long terme.

Une baisse des droits de douane en échange de promesses concrètes

Bien sûr, cet engagement financier n’est pas à sens unique. En échange de ces investissements colossaux, les entreprises suisses vont bénéficier de la réduction des droits de douane sur leurs produits exportés vers les États-Unis. Avant l’accord, les droits de douane pouvaient atteindre jusqu’à 39 % sur certains produits suisses. Désormais, ils seront plafonnés à 15 %. Une baisse conséquente qui ouvre la voie à de nouvelles opportunités pour les exportateurs suisses, notamment dans des secteurs comme la pharmaceutique, la technologie, mais aussi les produits agricoles et industriels.

Les États-Unis appliquent cette réduction des tarifs douaniers de manière ciblée, notamment sur les biens industriels, les produits de la mer, et certains produits agricoles. Pour la Suisse, cela signifie une compétitivité renforcée dans des domaines où elle excelle, comme les médicaments et les produits technologiques. En d’autres termes, les entreprises suisses auront désormais une porte d’entrée plus large et moins coûteuse pour accéder au marché américain, tout en renforçant leur présence dans les secteurs de l’innovation et des nouvelles technologies.

Par ailleurs, les promesses faites entre les deux pays vont au-delà des simples réductions tarifaires. La Suisse s’engage à améliorer l’accès des produits américains à son marché, notamment en réduisant les barrières sanitaires et en facilitant l’exportation de certains produits agricoles comme le poulet ou le bétail, selon Watson. Il s’agit d’une réciprocité qui vise à rééquilibrer les échanges commerciaux tout en permettant à chaque pays de profiter d’un meilleur accès aux marchés de l’autre.

Un autre point clé de cet accord est l’ouverture du marché des services. Les États-Unis et la Suisse se sont engagés à offrir plus d’accès aux fournisseurs de services suisses et américains, ce qui pourrait profiter à des secteurs comme la finance, les assurances ou les services numériques. Cette ouverture vise à renforcer l’intégration économique entre les deux pays, en élargissant le champ d’action des entreprises dans des domaines où la concurrence est déjà forte.

Laisser un commentaire

Share to...