Dix ans après la fin du taux plancher, quel bilan pour le franc suisse ?

Dix ans après l’abandon du taux plancher, l’économie suisse a prouvé sa résilience face à ce bouleversement. Les entreprises ont innové pour contrer les défis d’un franc fort, tandis que certains secteurs ont mieux résisté que d’autres. Aujourd’hui, le franc suisse continue de jouer un rôle clé sur la scène économique internationale.

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Le 15 janvier 2015, la Banque nationale suisse a pris une décision historique en abandonnant le taux plancher de 1,20 franc pour un euro, instauré en 2011. Cette annonce a provoqué un séisme financier avec une appréciation brutale du franc suisse et une chute de 14 % de la bourse de Zurich. 

Si cette décision a engendré des pertes immédiates pour de nombreuses entreprises, elle a également mis en lumière la capacité d’adaptation de l’économie suisse. Dix ans plus tard, l’analyse de cette période permet de mieux comprendre les effets durables sur la compétitivité et les stratégies des entreprises.

Une onde de choc économique aux multiples conséquences

L’abandon du taux plancher entre l’euro et le franc suisse par la Banque nationale suisse (BNS) en 2015 a bouleversé l’économie helvétique. Dix ans plus tard, l’impact de cette décision se mesure encore dans les stratégies des entreprises et l’évolution de la monnaie suisse. Résilience et ajustements restent les maîtres mots de cette période de transition.

L’abandon du taux plancher a plongé de nombreuses entreprises suisses, particulièrement tournées vers l’exportation, dans une situation délicate. L’appréciation rapide du franc a renchéri le prix des produits suisses à l’étranger, réduisant leur compétitivité. Des secteurs tels que l’horlogerie, symbolisés par les propos de Nick Hayek, patron de Swatch, qualifiant cette décision de « tsunami », ont été durement touchés.

Les chiffres confirment cet impact initial : le produit intérieur brut (PIB) a reculé au premier trimestre 2015, et des entreprises comme First Industries ont vu leur chiffre d’affaires chuter de près de 9 %. Néanmoins, tous les secteurs n’ont pas été affectés de la même manière. L’industrie pharmaceutique, par exemple, a su maintenir ses marges grâce à des produits à forte valeur ajoutée et une demande stable. Par ailleurs, l’économie suisse, grâce à sa diversification et à son orientation partielle vers des marchés en dollars, a limité les dégâts.

Résilience et adaptation : les leçons d’une décennie

Malgré le choc initial, l’économie suisse a démontré une capacité de rebond remarquable. Les entreprises ont revu leurs stratégies pour s’adapter à un franc fort sur le long terme. Chez First Industries, des mesures comme l’optimisation des installations techniques et une gestion énergétique plus efficiente ont été mises en place pour réduire les coûts.

L’évolution du franc suisse a également joué un rôle clé dans cette résilience. Après une première phase de surévaluation en 2015, la monnaie s’est stabilisée, atteignant même ponctuellement le seuil de 1,20 franc pour un euro. Cependant, le franc a regagné son statut de valeur refuge lors de crises ultérieures, comme la pandémie de 2020, prouvant que son rôle fluctue en fonction de la conjoncture mondiale. Ces variations obligent les entreprises à rester vigilantes et à maintenir des stratégies flexibles pour préserver leur compétitivité.

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