La Confédération souhaitait conclure rapidement une déclaration d’intention avec les États-Unis pour lever certaines taxes douanières. Mais les échanges avancent plus lentement que prévu, malgré l’urgence affichée par les autorités suisses.
Face à la menace américaine de relever les droits de douane sur les produits européens, la Suisse tente de sécuriser ses relations économiques avec Washington. Une rencontre entre Karin Keller-Sutter et le secrétaire américain au Trésor avait suscité l’espoir d’un accord rapide. Ce calendrier optimiste est désormais remis en question.
Depuis Genève, la ministre suisse des Finances avait annoncé, il y a deux semaines, son souhait de finaliser une déclaration d’intention d’ici 14 jours. Ce document, non contraignant, visait à poser les bases d’un accord bilatéral pour supprimer les droits de douane introduits le 2 avril 2025. Toutefois, aucune signature n’a encore eu lieu. Le Département fédéral des finances explique que les discussions « prennent simplement un peu plus de temps que ce que les deux parties avaient supposé », rapporte Blick.
Un projet d’accord pour éviter les nouvelles taxes
Dans un contexte de tensions commerciales croissantes, les autorités suisses misent sur un accord de principe avec les États-Unis. L’objectif affiché est la levée durable des droits de douane supplémentaires qui frappent certaines importations suisses depuis début avril.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche similaire à celle menée par le Royaume-Uni, avec qui les États-Unis ont déjà conclu une déclaration d’intention.
Lors de sa rencontre à Genève avec Scott Bessent, Karin Keller-Sutter avait déclaré que « la Suisse devrait être l’un des prochains pays avec lesquels un accord de principe sera conclu ». Elle avait même exprimé l’espoir que la Suisse serait le second pays à conclure un tel accord, juste après la Grande-Bretagne.
Des négociations à géométrie variable
Le Département fédéral des finances précise qu’il ne s’agit pas de négociations formelles, mais bien de discussions exploratoires. Ces échanges doivent précéder l’envoi de deux secrétaires d’État suisses aux États-Unis, afin de négocier les modalités précises de l’accord.
Malgré le retard, le même département affirme qu’il n’y a eu aucun report officiel du processus. Il insiste sur le fait que « les discussions n’ont pas été retardées », tout en reconnaissant qu’elles avancent à un rythme plus lent que prévu initialement. À ce stade, aucune date n’est avancée pour la signature d’un éventuel texte.
Une pression douanière ciblée
Alors que Donald Trump menace d’imposer des droits de douane de 50 % sur les marchandises en provenance de l’Union européenne à partir du 1er juin, la Suisse semble temporairement à l’abri de cette mesure. Néanmoins, aucun indice ne laisse penser que la Confédération soit directement visée par cette nouvelle vague de taxes douanières.
Toutefois, cette situation pousse les autorités suisses à renforcer leur position commerciale avec les États-Unis. Dans un climat d’incertitude, une telle démarche est perçue comme une précaution nécessaire pour protéger les échanges bilatéraux, particulièrement dans un environnement mondial instable.








