« Dirty 15 » de Trump : la Suisse risque-t-elle de payer le prix fort ?

Le 2 avril 2025, les nouveaux droits de douane américains entreront en vigueur, et la Suisse pourrait en faire les frais.

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Dirty 15 de Trump
« Dirty 15 » de Trump : la Suisse risque-t-elle de payer le prix fort ? | Econostrum.info - Suisse

Le 2 avril 2025 marquera l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane américains, une mesure que Donald Trump décrit comme une « libération » pour les États-Unis. La Suisse, ainsi que d’autres pays, pourrait bien en faire les frais, se retrouvant potentiellement dans la ligne de mire du président américain.

Donald Trump a annoncé que cette date serait celle où les États-Unis appliqueront de nouveaux tarifs douaniers à un certain nombre de pays jugés responsables de pratiques commerciales « injustes ». Bien que la liste officielle des pays visés ne soit pas encore publiée, la Suisse pourrait bien figurer parmi ceux-ci. Ce qui soulève des questions sur les répercussions de cette politique protectionniste et la façon dont la Suisse s’y prépare.

Le contexte : une politique commerciale américaine plus agressive

Le 2 avril 2025, les États-Unis appliqueront des droits de douane plus élevés à un ensemble de pays qualifiés par Donald Trump de « Dirty 15 », un terme péjoratif désignant les nations accusées de manipuler les échanges commerciaux au détriment des États-Unis. Ces mesures sont perçues par Trump comme un moyen de corriger un prétendu « déséquilibre » dans les relations commerciales, notamment à travers des déficits commerciaux structurels. Dans ce contexte, la Suisse fait partie des pays susceptibles de subir cette politique, ce qui soulève des préoccupations quant à l’impact économique pour le pays.

Trump considère certaines pratiques fiscales, comme la TVA, comme des obstacles au commerce, les voyant comme des formes déguisées de droits de douane. Le Wall Street Journal indique que les pays concernés par cette mesure représentent environ 15 % des nations avec lesquelles les États-Unis ont un déficit commercial important, rapporte Watson. La Suisse, bien que n’ayant pas encore reçu de notification officielle, fait partie de ces pays potentiellement visés. L’incertitude plane encore, mais la situation pourrait rapidement devenir un point de tension entre les deux pays.

Les pays visés : parmi eux, la Suisse

Les « Dirty 15 » font partie des nations accusées de bénéficier d’un traitement commercial jugé déloyal envers les États-Unis. La Suisse est ainsi incluse dans cette liste, bien que le nom de ces pays n’ait pas encore été officiellement communiqué par le gouvernement américain. Selon des informations relayées par le Wall Street Journal, ces pays sont principalement responsables d’un déficit commercial structurel avec les États-Unis.

Parmi les autres nations visées, on retrouve des pays comme l’Argentine, le Brésil, le Mexique, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, le Canada, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Union européenne, la Turquie, le Royaume-Uni, l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam, la Thaïlande et l’Inde. La Suisse fait donc partie de cette liste potentielle, étant accusée d’avoir des pratiques commerciales qui défavorisent les États-Unis.

Ce climat de tension économique est renforcé par la volonté de Trump d’ajuster les droits de douane en fonction des politiques commerciales, notamment les taxes sur la valeur ajoutée, qui, selon lui, nuisent à la compétitivité des produits américains.

Les négociations suisses à Washington

Face à la perspective d’être touchée par ces mesures, la Suisse a rapidement réagi. Le ministre de l’Économie, Guy Parmelin, a envoyé la secrétaire d’État à l’Économie, Helene Budliger, à Washington pour tenter de négocier une issue favorable. Cependant, les discussions restent pour l’instant incertaines et aucun accord concret n’a été trouvé.

Guy Parmelin a reconnu qu’il était difficile de comprendre précisément la nature du problème. Dans une interview à la radio SRF, il a précisé que, selon lui, Trump pourrait prendre une décision globale sans faire d’exception pour la Suisse. Parmelin a ajouté qu’aucune mesure particulière ne serait prise avant que les États-Unis ne définissent une politique globale concernant ces taxes.

En ce qui concerne la TVA, un point sensible dans les négociations, Parmelin a indiqué que la Suisse ne comptait pas supprimer ce système fiscal, contrairement aux attentes de Washington. Trump considère en effet la TVA comme une forme déguisée de droit de douane, ce qui complique les discussions, notamment pour les pays européens, dont la Suisse.

L’impact potentiel sur l’économie suisse

Les experts suisses, tels que Rudolf Minsch, économiste en chef d’Economiesuisse, estiment que les droits de douane sont généralement nuisibles pour une économie axée sur l’exportation. La Suisse, en tant que pays largement orienté vers l’export, pourrait voir ses exportations affectées si ces taxes sont appliquées.

Toutefois, Minsch tempère en expliquant que l’économie suisse repose sur des produits haut de gamme, comme des médicaments et des horlogers, qui sont difficiles à substituer. Par conséquent, même si ces nouvelles taxes sont mises en place, il est probable que l’impact sur les exportations suisses vers les États-Unis ne soit pas aussi massif qu’on pourrait le craindre.

Néanmoins, les autorités suisses restent vigilantes et tentent de préparer le terrain pour éviter des sanctions trop lourdes. Le ministre Parmelin a précisé que la Suisse devait comprendre précisément où se situe le problème avant de pouvoir négocier une solution viable avec les États-Unis. Le futur des relations commerciales entre les deux pays dépendra donc largement de l’évolution de cette situation.

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