Vos économies en danger ? Les décisions de Trump relancent le spectre des taux négatifs en Suisse

Les nouvelles taxes de Donald Trump renforcent le franc suisse, fragilisant les exportations. La BNS pourrait relancer les taux négatifs, menaçant le rendement de l’épargne.

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La BNS et Trump
Les décisions de Trump relancent le spectre des taux négatifs en Suisse - © Canva

L’annonce de Donald Trump sur de nouveaux droits de douane a provoqué une réaction immédiate sur les marchés, entraînant une appréciation du franc suisse face au dollar. Cette situation place la Banque nationale suisse (BNS) dans une position délicate, alors qu’elle avait amorcé une sortie progressive de la période des taux négatifs.

Les économistes s’accordent à dire que la pression sur la BNS est forte. En raison du renforcement du franc, la Suisse risque de perdre en compétitivité, surtout dans les secteurs tournés vers l’exportation. Dans ce contexte, la politique monétaire pourrait redevenir plus accommodante.

La BNS de nouveau sous pression après une baisse jugée prématurée

La BNS a réduit en mars son taux directeur de 25 points de base, le portant à 0,25 %. Cette baisse a été perçue par certains experts comme étant intervenue trop tôt. La situation s’est depuis aggravée : le franc ne cesse de se renforcer à cause de la politique douanière américaine. En réponse, la BNS utilise l’une de ses méthodes habituelles : l’achat de devises étrangères, notamment de dollars, afin d’affaiblir le franc suisse.

Mais ces interventions ont un coût élevé. D’après la NZZ, la guerre commerciale a déjà coûté 25 milliards de francs à la Suisse. Cette stratégie expose aussi le pays aux critiques des États-Unis. Le président américain s’en est déjà pris à des nations ayant pratiqué ce qu’il qualifie de « manipulations monétaires », rapporte Blick.

Vers une nouvelle baisse des taux, et un retour des taux négatifs

Face à un taux d’inflation très bas, de l’ordre de 0,3 %, la BNS pourrait être amenée à réduire encore son taux directeur. Elle vise un niveau d’inflation compris entre 0 et 2 %, et une politique de taux plus bas pourrait soutenir la demande intérieure en stimulant l’économie. Les analystes de l’UBS anticipent déjà une baisse du taux directeur à 0 % si la pression sur le franc persiste dans les semaines à venir.

La prochaine évaluation de la politique monétaire est attendue pour le 19 juin. Si la BNS décidait d’abaisser son taux de 50 points de base, la Suisse reviendrait dans une période de taux d’intérêt négatifs. Le média helvétique rappelle que ceux-ci avaient été supprimés en septembre 2022, après avoir été en vigueur pendant huit ans.

Les analystes d’UBS n’excluent pas une baisse d’urgence, avant même la réunion de juin. Ils rappellent que la BNS a déjà eu recours par le passé à « l’option la plus radicale » lorsqu’une forte appréciation du franc l’exigeait.

Une épargne toujours moins rémunératrice pour les Suisses

Cette politique monétaire a des conséquences directes pour les épargnants. Il y a encore un an, les comptes d’épargne rapportaient en moyenne 0,8 %. Cette courte phase de hausse est désormais révolue. Fin janvier, le rendement moyen était tombé à 0,35 %, selon une évaluation de Moneyland relayée par la source.

Aujourd’hui, les taux sont faibles dans la majorité des établissements bancaires : UBS propose 0,15 % jusqu’à 50’000 francs, Raiffeisen et la Banque Cler également 0,15 %, PostFinance et SGKB seulement 0,1 %, tandis que Neon n’offre aucun rendement. Les meilleurs taux actuels sont à 0,2 %, chez Banque Migros et ZUKB, dans certaines limites.

Benjamin Manz, directeur de Moneyland, prévoit une nouvelle baisse des taux d’épargne au cours de l’année. Pour les ménages, cela signifie que leurs économies continueront de perdre en rendement, dans un contexte d’instabilité monétaire renforcée.

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