Le nombre de travailleurs frontaliers entre la France et la Suisse a considérablement augmenté ces dernières années. Selon les données de WuestPartner, entre 2021 et 2024, près de 58 000 nouveaux travailleurs ont franchi la frontière suisse. Aujourd’hui, ils sont environ 399 000 à vivre en France tout en travaillant en Suisse.
Parmi eux, une large majorité est composée de Français, surtout dans les régions proches de la frontière, comme la région lémanique qui inclut Genève, Vaud et le Valais. Ces travailleurs évoluent dans des secteurs variés, notamment les services, l’horlogerie de précision, ou encore la chimie et le bâtiment.
Cette réalité soulève des questions pratiques concernant le cumul des retraites dans ces deux pays. En effet, un travailleur frontalier peut percevoir une pension des deux pays, mais il doit suivre des démarches spécifiques pour s’assurer qu’il ne perd pas des trimestres ou des cotisations accumulées dans l’autre pays, explique Accueil Temporaire.
Les démarches à suivre pour cumuler les pensions
Pour cumuler une retraite française et une retraite suisse, les démarches varient d’un pays à l’autre. En France, il est primordial de mettre à jour son relevé de carrière auprès de l’Assurance Retraite française. En effectuant cette mise à jour dans l’espace personnel de son compte retraite, il est possible de renseigner ses périodes de travail en Suisse.
Cela permettra d’ajouter des « trimestres équivalents Suisse » afin que ceux-ci soient pris en compte lors du calcul de la pension française. Ces démarches sont essentielles pour éviter que les périodes de travail en Suisse ne soient oubliées.
Parallèlement, la demande de retraite en Suisse doit être effectuée auprès de la caisse de compensation entre trois et quatre mois avant l’âge légal de départ à la retraite. En vertu des accords entre la Suisse et l’Union européenne, cette coordination entre les régimes permet aux travailleurs de ne pas perdre leurs périodes de cotisation à l’étranger.
Ainsi, chaque pays prend en compte les droits acquis dans l’autre pays pour calculer une pension équitable, et ce même si la personne a exercé une activité dans plusieurs pays européens ou en Suisse.
L’âge légal de départ à la retraite en Suisse
Depuis janvier 2024, l’âge légal de départ à la retraite en Suisse est de 65 ans, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Toutefois, les travailleurs ont la possibilité de partir plus tôt, jusqu’à deux ans avant l’âge officiel, mais cela peut entraîner une réduction du montant de la pension. Il est important de noter que des conditions particulières s’appliquent, notamment pour les femmes nées entre 1961 et 1969, en lien avec la réforme de l’AVS.
Il est essentiel de bien comprendre ces nuances avant de prendre une décision sur la date de départ à la retraite, car des choix mal informés pourraient avoir des conséquences sur le montant de la pension, qui est le fruit d’un calcul complexe prenant en compte plusieurs paramètres.








