Coupe brutale des subsides santé à Genève : des milliers de familles déjà précaires risquent d’en payer le prix fort 

Le gouvernement genevois veut supprimer l’indexation des subsides d’assurance-maladie pour réaliser des économies, une mesure dénoncée par le PS et susceptible d’un référendum.

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Coupe brutale des subsides santé à Genève : des milliers de familles déjà précaires risquent d’en payer le prix fort : Crédit : 20Min/Carole Alkabes | Econostrum.info - Suisse

Afin de réduire les dépenses publiques, le gouvernement genevois a présenté une mesure visant à supprimer l’indexation des subsides d’assurance-maladie. Cette mesure, prévue dans le plan financier quadriennal 2026-2029, vise à réaliser des économies de 29,5 millions de francs d’ici 2029. Le mécanisme d’indexation, instauré pour alléger les ménages face à l’augmentation des primes d’assurance-maladie, est calculé sur la base de la prime moyenne cantonale de l’année 2024. 

En cas d’augmentation des primes, l’indexation permettait d’ajuster automatiquement les subsides pour les rendre proportionnels à cette hausse. Cependant, le Conseil d’État genevois propose aujourd’hui de l’abroger, une décision qui ne manque pas de faire réagir les partis politiques, notamment le Parti Socialiste (PS), qui menace de lancer un référendum si la loi est adoptée par le Grand Conseil.

Les économies envisagées par la suppression de l’indexation des subsides

Le Conseil d’État genevois propose de supprimer l’indexation des subsides d’assurance-maladie dans le cadre de son plan financier quadriennal 2026-2029. Selon les prévisions, cette suppression permettrait de réaliser des économies considérables : 14 millions de francs en 2027, 18,5 millions en 2028 et 29,5 millions en 2029. L’indexation automatique des subsides a été introduite pour garantir que les ménages ne soient pas pénalisés par l’augmentation des primes d’assurance-maladie, un problème récurrent depuis plusieurs années.

Cependant, l’abrogation de ce mécanisme soulève de vives préoccupations. Pour de nombreux citoyens, et en particulier pour les familles modestes, les subsides sont un soutien essentiel pour faire face à l’augmentation constante des primes. En supprimant cette indexation, les ménages pourraient se retrouver avec une aide moins importante, voire insuffisante pour compenser la hausse des coûts. Le Conseil d’État justifie cette décision par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques, mais elle semble avoir un impact direct sur la population la plus vulnérable, déjà affectée par la hausse des prix dans d’autres domaines.

Le gouvernement genevois soutient que cette mesure fait partie d’une stratégie globale pour maintenir la stabilité financière du canton. Toutefois, la question reste de savoir si ces économies ne risquent pas de se faire au détriment de la solidarité et de l’accès égalitaire aux soins pour tous les citoyens.

Réactions politiques et la menace d’un référendum

Le PS a rapidement réagi à la proposition de supprimer l’indexation des subsides, dénonçant une mesure injuste qui affecterait particulièrement les personnes les plus vulnérables économiquement. Le parti considère cette réforme comme un retour en arrière, un recul social pour ceux qui dépendent de ces aides pour accéder à une couverture santé. Le PS a annoncé qu’il lancerait un référendum si cette mesure est adoptée par le Grand Conseil, affirmant qu’il ne laissera pas cette décision passer sans opposer une résistance politique, rapporte Blick.

Les conseillers d’État du PS, bien qu’ayant été directement impliqués dans la gestion de ces dossiers, sont fermement opposés à la réforme. Ils estiment que la suppression de l’indexation aggraverait la situation des ménages modestes et augmenterait encore les inégalités en matière d’accès aux soins de santé.

Le gouvernement genevois, de son côté, défend cette proposition comme étant nécessaire pour assurer la durabilité des finances cantonales. Parallèlement à la suppression de l’indexation des subsides, un autre projet prévoit de réaliser des économies sur les salaires des futurs retraités de l’État, du pouvoir judiciaire et des établissements hospitaliers. Cette mesure consiste à supprimer le doublement du traitement reçu le dernier mois avant la retraite, une disposition qui s’applique aux fonctionnaires ayant au moins dix ans d’activité dans l’administration.

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