L’économie suisse, longtemps perçue comme un modèle de stabilité en Europe, connaît actuellement un ralentissement plus marqué qu’attendu. Le Secrétariat d’État à l’économie (Seco) a revu à la baisse ses prévisions pour 2025, signalant un essoufflement de l’activité.
Cette correction intervient dans un contexte où la conjoncture internationale pèse sur les perspectives de croissance helvétique. L’ajustement met en lumière les vulnérabilités de l’économie suisse face aux tensions géopolitiques et à la faiblesse de la demande mondiale.
Des prévisions officielles revues à la baisse
Le Secrétariat d’État à l’économie (Seco) prévoit désormais une croissance du produit intérieur brut (PIB) suisse de 1,7 % en 2025, contre 1,8 % estimé précédemment, selon Blick. Cette révision intervient alors que la croissance prévue pour 2024 reste inchangée à 1,1 %, un chiffre déjà modeste. La dynamique attendue en 2025 repose sur l’hypothèse d’un redressement conjoncturel, mais les incertitudes qui pèsent sur les marchés internationaux freinent la reprise.
Parmi les éléments à l’origine de ce ralentissement, les analystes du Seco mentionnent une demande extérieure plus faible, notamment en provenance de pays partenaires de la Suisse. Le commerce mondial, toujours affecté par les tensions géopolitiques et les chaînes d’approvisionnement instables, limite les débouchés pour les exportateurs suisses. Le secteur industriel reste particulièrement exposé à ces évolutions, ce qui affaiblit l’élan global de l’économie.
Le recul de l’inflation, bien qu’il apporte un soulagement aux ménages, ne suffit pas à stimuler fortement la consommation intérieure. Après avoir atteint 2,1 % en 2023, l’inflation est estimée à 1,4 % pour 2024 et 1,1 % en 2025. Cette baisse s’explique par la modération des prix de l’énergie et des matières premières, mais reflète également une demande intérieure contenue. L’effet positif d’un pouvoir d’achat préservé est donc partiellement compensé par un climat économique globalement attentiste.
Incertitudes géopolitiques et impact sur les entreprises
Les prévisions du Seco s’inscrivent dans un environnement international caractérisé par de fortes incertitudes géopolitiques, notamment liées aux conflits en Ukraine et au Proche-Orient. Ces tensions alimentent une volatilité persistante sur les marchés, affectant la confiance des investisseurs et perturbant les circuits économiques. Pour une économie ouverte comme celle de la Suisse, qui repose fortement sur ses exportations, ces instabilités représentent un facteur de risque majeur.
Les entreprises helvétiques subissent aussi l’effet du ralentissement industriel mondial, qui pénalise particulièrement les secteurs de la chimie, des machines et de l’électronique. Selon le Seco, cette conjoncture morose limite les investissements productifs, les entreprises préférant adopter une approche prudente en matière de dépenses. La croissance attendue repose ainsi davantage sur les services que sur l’industrie, un glissement qui pourrait avoir des conséquences sur l’emploi dans certaines branches.
L’un des seuls leviers positifs identifiés par les économistes demeure la relative stabilité du marché du travail. Le taux de chômage, estimé à 2,3 % en 2024 et 2,2 % en 2025, reste bas en comparaison européenne. Cette situation permet de soutenir la consommation privée, même si l’effet est tempéré par une prudence généralisée dans les dépenses des ménages. L’évolution de la croissance dépendra donc fortement de la capacité de l’économie mondiale à se stabiliser dans les prochains trimestres.