L’édition 2025 du classement mondial des universités, publié ce jeudi par Times Higher Education (THE), a révélé des résultats alarmants pour la Suisse. L’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich) et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), deux des institutions les plus prestigieuses du pays, voient leurs positions chuter, un phénomène qui inquiète le milieu académique et soulève des questions sur l’avenir de l’éducation en Suisse.
L’ETH Zurich, bien que toujours en tête des universités européennes, perd du terrain au niveau mondial, tandis que l’EPFL se retrouve reléguée à la 35e place, loin derrière ses concurrents. Ce déclin dans les classements met en lumière des défis de plus en plus complexes auxquels sont confrontées les institutions académiques suisses.
L’ETH Zurich : toujours en tête en Europe, mais pour combien de temps ?
L’ETH Zurich conserve sa 11e place mondiale dans le classement de Times Higher Education , mais ce résultat soulève de nombreuses interrogations. Si l’institution reste la meilleure haute école d’Europe continentale, elle fait face à une concurrence accrue, notamment des universités anglo-saxonnes qui dominent le top 10 mondial. L’Université d’Oxford, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et l’Université de Harvard continuent de régner en maîtres, reléguant les institutions européennes à des positions moins enviables.
L’ETH Zurich bénéficie d’une solide réputation académique et scientifique, mais le classement repose sur des critères de plus en plus diversifiés, incluant la recherche, l’internationalisation, et l’impact des publications scientifiques. Ces aspects sont désormais des éléments cruciaux qui expliquent, en partie, la stagnation de l’ETH, malgré ses nombreux atouts.
L’EPFL : une chute inquiétante mais pas insurmontable
L’EPFL, qui partage une réputation internationale similaire à celle de l’ETH Zurich, a subi un coup dur avec une chute de trois places, passant de la 32e à la 35e position mondiale. Bien que cette baisse ne semble pas catastrophique à première vue, elle soulève des questions sur l’évolution des grandes écoles suisses. Le recul de l’EPFL n’est pas seulement dû à un facteur interne, mais à une compétition mondiale de plus en plus intense, avec des universités asiatiques qui, notamment en Chine, remportent des positions de plus en plus fortes. La montée en puissance de ces universités, avec des investissements massifs dans la recherche et une politique de recrutement agressive, menace la position des institutions suisses.
L’EPFL, malgré ce recul, reste une grande institution d’innovation, surtout dans des domaines de pointe tels que l’intelligence artificielle, la biotechnologie et l’ingénierie. Toutefois, le classement mondial ne se résume plus uniquement à l’excellence académique : la capacité à attirer des financements privés et à s’impliquer dans des projets internationaux devient de plus en plus essentielle. L’EPFL, bien que très bien classée au niveau européen, se retrouve à une distance significative des meilleures institutions mondiales, un écart que la Suisse devra combler si elle souhaite conserver son statut d’excellence académique.
Pourquoi cette dégringolade pourrait être le signe d’un problème plus profond
Les résultats de cette année soulignent une tendance inquiétante pour la Suisse : la perte de compétitivité face aux nouvelles puissances universitaires. Le pays, qui a longtemps été perçu comme un modèle de stabilité académique, pourrait se voir surpassé par des institutions issues de pays avec des investissements dans la recherche de plus en plus conséquents. La Chine, par exemple, a vu plusieurs de ses universités grimper dans les classements grâce à des stratégies ambitieuses de financement et d’attraction de talents internationaux. Les grandes écoles suisses, pourtant reconnues pour leur excellence dans la recherche fondamentale, doivent désormais repenser leur approche pour ne pas se laisser distancer.
Le défi est double : maintenir la qualité de l’enseignement tout en augmentant l’impact des recherches et en attirant davantage de financements. Cela passera par une coopération renforcée avec l’industrie et une politique d’internationalisation encore plus agressive. Si la Suisse veut éviter une perte de prestige académique, les institutions devront s’adapter aux exigences croissantes du monde universitaire globalisé.








