Alors que la Suisse continue d’attirer chaque année des millions de touristes, certains sites naturels sont menacés par une surfréquentation préoccupante. Les autorités locales commencent à réagir, conscientes des limites écologiques, sociales et logistiques de leur territoire.
Dans plusieurs régions helvétiques, des dispositifs contraignants, mais ciblés, sont désormais expérimentés pour contrer le surtourisme. Restrictions d’accès, tarification, limitation des stationnements : ces mesures cherchent à répondre à un enjeu grandissant pour les communes, entre développement touristique et préservation des sites.
Klöntal, Taney et Oeschinen : les lacs de montagne sous pression
Le lac du Klöntal, dans le canton de Glaris, sera désormais inaccessible aux voitures trois dimanches par an durant l’été. Cette mesure, validée lors de la Landsgemeinde, répond à l’engorgement routier constaté régulièrement les week-ends. L’objectif est d’inciter les visiteurs à utiliser les transports publics, dont l’offre sera renforcée, rapporte le Tages-Anzeiger.
Dans le Valais, la municipalité de Vouvry a pris la décision de fermer le parking de Chavalon, limitant désormais l’accès à 90 places de stationnement payantes. Cette initiative vise à « préserver l’équilibre fragile de ce site emblématique », comme l’a relayé SRF, rapporte 24 heures. Un agent de sécurité y sera également déployé pendant la saison estivale, mesure déjà appliquée lors de la saison 2020.
Le lac d’Oeschinen, situé dans l’Oberland bernois, impose quant à lui une réservation préalable pour accéder à la télécabine. Bien que non obligatoire, cette réservation conditionne l’accès aux heures de forte affluence.
Le site, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, est également encadré par des rangers qui rappellent les comportements attendus, comme le souligne la chaîne publique SRF.
À Iseltwald et Lauterbrunnen, des mesures financières pour limiter les flux
À Iseltwald, village sur les rives du lac de Brienz, le succès inattendu d’une scène de la série sud-coréenne Crash Landing on You a attiré des milliers de fans asiatiques. Pour encadrer cet afflux, les autorités locales ont installé en mai 2023 un tourniquet tarifé à l’entrée du ponton emblématique. Comme l’indique 24 heures, le montant de 5 francs est désormais requis pour accéder à ce site devenu viral.
Lauterbrunnen, autre destination de l’Oberland bernois, envisage la mise en place d’une taxe d’accès variant entre 5 et 10 francs pour les visiteurs de passage. Cette proposition, rapportée par le journal Berner Zeitung, ne s’appliquerait pas aux personnes arrivant par transports publics ou disposant d’un hébergement sur place.
Avec plus de deux millions de nuitées enregistrées dans la région d’Interlaken en 2023, dont Lauterbrunnen fait partie, la commune cherche à contenir une fréquentation en constante hausse.
Zermatt s’inspire de Venise pour contrôler les visites journalières
À Zermatt, dans le Haut-Valais, la municipalité envisage elle aussi une redevance à l’entrée, ciblant les touristes d’un jour. Le projet, révélé par SRF, propose une somme de 12 francs, correspondant à la taxe de séjour pour trois nuitées.
L’approche s’inspire directement du dispositif introduit à Venise en 2024, où les visiteurs journaliers doivent s’acquitter d’un billet d’entrée de 5 euros.
Cette tarification s’inscrit dans une stratégie plus large visant à préserver les capacités d’accueil, tout en garantissant une expérience de visite maîtrisée. Les responsables locaux, comme à Zermatt, cherchent à réguler la fréquentation sans freiner l’activité économique liée au tourisme.








